Mouvement du Nid

26 février 2010

Délit de racolage : 7 ans de malheurs n’ont donc pas suffi ?

Dernière minute postée le 26/02/2010

Le délit de racolage a donc sauvé sa peau.
Comment expliquer tant d’inertie de la part de nos politiques quand tout a fait la preuve de l’échec de cette loi inique et inutile ?
L’amendement (n° 76 portant sur l’article 8) présenté jeudi 25 février à l’Assemblée lors du vote du texte de loi pour la « prévention et répression des violences faites aux femmes » et destiné à le supprimer a été retiré sans discussion.

Pour nous qui depuis 2003 dénonçons sans relâche ce « délit » qui punit les victimes, la déception est grande.

Mais nous ne désarmerons pas. Le Mouvement du Nid fera tout pour faire advenir, en France, une politique cohérente à même de donner un coup d’arrêt au système prostitutionnel. Pour y parvenir, il propose parmi les 10 recommandations qu’il a présentées lors d’un colloque au Palais Bourbon le 11 février dernier, de mettre en place un groupe de travail parlementaire afin d’élaborer une loi-cadre ou tout autre instrument législatif approprié d’abolition du système prostitutionnel.

Le Mouvement du Nid-France reste mobilisé pour que notre pays adopte une politique novatrice et ambitieuse face à ce qui demeure l’un des pires lieux de violence de nos sociétés et un archaïsme en contradiction avec toutes les politiques menées en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.


Communiqué posté le 25/02/10

Le Mouvement du Nid se félicite de voir l’écho donné à l’une de ses batailles les plus chères !

Il y a deux semaines à peine, nous exigions, aux côtés de dix sept associations [1] féministes, et huit députés de plusieurs partis, d’en finir avec le délit de racolage, aussi catastrophique pour les personnes prostituées qu’inutile pour la lutte contre le proxénétisme.

Le 6 novembre 2009, le Mouvement du Nid l’avait même enterré, à l’issue du procès citoyen de l’abrogation du délit de racolage, symboliquement organisé à Lyon, près de 35 ans après l’occupation de l’église Saint Nizier.

Et voilà qu’aujourd’hui, même une députée UMP, du parti majoritaire qui vota la loi en 2003, ose faire le constat de son échec et de ses conséquences désastreuses, et proposer un amendement visant son abrogation.

Nous ne pouvons que nous associer à Chantal Brunel (après l’avoir critiquée vertement sur sa velléité d’ouverture de maisons closes), lorsqu’elle juge essentiel, dans le cadre de la loi sur les violences faites aux femmes, de rendre aux personnes prostituées le statut de victime qui leur a été retiré pour les transformer en coupables.

Nous appelons l’ensemble des partis à appuyer cet amendement, afin d’en finir avec la plus hypocrite des politiques actuelles sur la prostitution.

Nous souhaitons que l’abrogation de la loi sur le racolage soit la première étape d’un nouveau regard politique sur cette question.

Un regard qui considère l’ensemble du système prostitutionnel et de ses acteurs et pose la prostitution pour ce qu’elle est : une violence faite aux femmes et aux êtres humains.

[1Lors de notre colloque Politiques publiques et prostitution, le 11 février 2010 à l’Assemblée nationale.

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