Après la diffusion du film de Bernard Bétrémieux, Clients de la prostitution, les élèves, répartis en ateliers, ont pu discuter de leurs représentations et de leurs questionnements, face à des intervenant-e-s du Mouvement du Nid et de l’ARS de Marseille.
Les classes, très majoritairement masculines (20 à 25 % de filles), ont été partagées entre le réel intérêt, et la tentation, pour certains, de se réfugier derrière la plaisanterie.
Plus vieux métier du monde, fonction de protection contre les viols, choix individuel motivé par l’appât du gain… Les justifications courantes n’épargnent pas plus (et parfois moins) les élèves de l’Ecole de Police que les citoyens lambda.
Objectif de ces journées, articuler les réalités du terrain avec des représentations culturelles profondément ancrées pour tenter d’amener les futurs policiers – et policières -, qu’ils soient affectés à un commissariat de quartier ou à un service spécialisé, à envisager la prostitution comme une forme particulière de l’exclusion et à mener leurs missions en connaissance de cause en intégrant la dimension de prévention et d’accueil des victimes.
Car le travail des policiers ne s’arrête pas à la répression du proxénétisme, du racolage, des clients des prostitué-es mineur-es ou des personnes vulnérables, mais devrait bien s’étendre à l’écoute et à l’orientation des victimes, à la protection des mineur-es et à l’obligation de signalement au juge des enfants.
Les intervenant-es ont particulièrement insisté sur les règles de déontologie, la nécessité d’aborder les personnes prostituées avec respect et professionnalisme et ont formé des vœux pour une mixité croissante des personnels de police. Face à des classes où sont perceptibles des tensions entre garçons et filles – les premiers étant souvent considérés comme machistes -, bien du chemin reste apparemment à parcourir.
On peut espérer toutefois que la féminisation progressive des forces de police relèguera aux oubliettes les tentations de certains policiers de payer eux-mêmes des prostituées ou d’accepter des « cadeaux » de certains patrons de bars.