Mouvement du Nid

Juin 2015

L’édito de la délégation / Juin 2015

À partir du 1er juin 2015, les "clients" d’Irlande du Nord pourront être pénalisés pour l’achat d’un acte sexuel. Notre délégation de Haute-Garonne dresse un parallèle avec la France...

une action de la Délégation de la Haute-Garonne

A compter du 1er juin 2015, les clients de la prostitution seront poursuivis en Irlande du Nord (loi "Human Trafficking and Exploitation Act"). Cette décision est dans la lignée du modèle suédois qui depuis 1999 pénalise non pas les personnes prostituées mais plutôt les acheteurs d’actes sexuels, c’est-à-dire leurs "clients".

C’est dans ce contexte social que la chaine britannique d’informations BBC (British Broadcasting Corporation) a réalisé l’interview d’un client londonien. Ce dernier se livre sur son histoire et ses motivations à payer pour des actes sexuels. Il lui est demandé quelle serait sa réaction si une loi équivalente venait à être appliquée en Angleterre. Pour lui la réponse est claire, le risque deviendrait alors trop élevé, il mettrait fin à cette pratique devenue une habitude pour lui (lire ci-dessous, en anglais).

Profitons-en pour faire un parallèle avec ce qui se passe actuellement en France : fin mars 2015, le Sénat a voté une proposition de loi rétablissant le délit de racolage et rejetant la pénalisation des clients. Cette proposition doit encore être votée par l’Assemblée Nationale avant d’être définitivement adoptée. Une mesure qui est en opposition totale avec celles votées en Irlande du Nord et déjà appliquées dans les pays d’Europe du Nord : Suède, Norvège, Islande... et alors même que le Parlement Européen encourage ses 28 membres à suivre le modèle nordique. Cela représente une régression sociale dans la lutte pour les droits des personnes – hommes et femmes - prostituées.

Pour plus d’informations, consultez notre article :

PPL prostitution au Sénat : un vote réac, déshonorant et irresponsable !

et sur notre revue :

Irlande du Nord, les "clients" bientôt à l’amende ?

Ainsi qu’en République d’Irlande :
Irlande : le Parlement en faveur d’une loi criminalisant les « clients » prostitueurs

celui d’Arte :

Irlande du Nord - En lutte contre l’exploitation sexuelle

Why I pay women for sex, BBC News, 6 mai 2015.
Transcription en anglais et commentaires de notre délégation de Midi-Pyrénées

Journaliste (“J”) : Hi Ben nice to meet you.
-Ben (“B”) : Nice to meet you.

-J : So, how often do you do this ?

-B : Usually I’ll go and meet an escort about every 2 to 4 weeks. In London it’s usually about £100 an hour.

-J : So why is it that you pay for sex ?

-B : For a lot of the time I struggle with women and paying for sex, for me, is a way of experiencing the kind of sex that I probably wouldn’t without paying for it, frankly.

-J : So how many prostitutes have you slept with ?

-B : Umm, between about 30 and 40 although I haven’t kept an exact count. They tend to be single mothers or students, ummm, mostly because the hours that sex work offer are quite flexible.

-J : If buying sex was made illegal would it stop you ?

-B : It would stop me buying sex in this country [England]. To me it’s not worth the risk of being arrested for a crime that would have such a stigma attached to it – an anti-prostitution advocate would probably see that as a good thing, as working. What they don’t take into account is that the fewer clients there are the less choice there is for people who work in the sex industry. It would give them less choice in the type of customer they had which would probably mean that they would have to take greater risks.

[Vrai. Donc la nécessité de vrais efforts contre les réseaux en plus des services de soutien et d’accompagnement (protection, réinsertion, logement, etc.) pour les personnes prostituées et ne pas rétablir le délit de racolage, qui a le même effet - de les mettre en danger …]

-J : How do you justify paying for sex ?

-B : I would argue that it is no more odd than, say, people who get dressed up every Saturday night, go out, get drunk and sleep with a stranger in a flat that they don’t know – and potentially no less risky.

The thing people don’t understand when they talk about the morality of paying for sex is that there’s a huge variation inside the sex industry. Does the fact that someone, for example, who may be working in porn, might have a drugs habit that compels them to keep working in porn, mean that someone who watches that person’s film is guilty ? To me, it is a grey area.

[Donc le fait que ce n’est pas le "client" qui trafique une personne prostituée veut dire que le client n’est responsable pour rien …]

-J : If it’s so risky, who do it ?

-B : To me, the risk of getting caught is less than the pain of going through life without any female companionship, without any intimacy. This is something that doesn’t get talked about much by people on either side of the debate. For a lot of customers, it’s not so much the orgasm that they’re chasing, it’s the intimacy of just being able to lie with someone in a bed for a few hours – that’s absent from their life. If you are socially awkward, shy, it can literally take years to meet someone and enjoy what other people have taken for granted since they were teenagers, basically. From my perspective, if I had never paid for sex I would have had a very lonely life.

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