Mouvement du Nid

2004

L’étude "Clients de la prostitution" : témoignage d’une apprentie sociologue

Cette jeune femme, étudiante en DEA (Master 2) de sociologie à Bordeaux, a participé aux entretiens nécessaires à la réalisation de l’enquête “Les clients en question”. Elle revient sur ses interrogations d’alors, le besoin d’aller sur le terrain pour mieux comprendre, et l’interêt de la question du client qui constitue une grille de lecture nouvelle du phénomène.

une action de la Délégation de la Gironde

J’ai pris contact avec la délégation du Mouvement du Nid de Bordeaux lors de mon année de licence de sociologie. Je souhaitais rencontrer des associations qui interviennent sur les questions de prévention et de réinsertion auprès des personnes prostituées.

L’accueil est un moment capital pour le Mouvement du Nid, je m’en suis aperçue dès la première rencontre, le sourire, le café, l’écoute, une proposition d’amitié réelle.

Mes questions étaient simples, et je pense que quiconque s’intéresse un tant soi peu à la prostitution se les pose. Comment font ces femmes pour tenir le coup ? Pourquoi et comment en sont-elles arrivées là ? Rapidement je me suis rendue compte, d’une part, que ces questions posent le substrat d’une réflexion plus complexe et d’autre part qu’il était nécessaire que j’aille moi-même sur le terrain pour tenter de comprendre ce qu’il en était réellement.

Pour toutes ces raisons, j’ai souhaité intégrer l’équipe du Nid. Et puis, lorsqu’on commence le contact, les rencontres avec des personnes prostituées, obligatoirement, de nouvelles interrogations émergent. Qui sont ces types prêts à donner de l’argent pour s’acheter et s’approprier momentanément le corps d’une femme ? Pourquoi le font-ils ? J’en étais là de mes réflexions lorsque j’ai eu vent de l’enquête proposée par le Mouvement du Nid intitulée “Les clients en question”.

La délégation de Bordeaux m’a proposé d’y participer, jamais je n’ai songé à refuser, c’est devenu l’objet de mon mémoire. Il est difficile de rencontrer les clients, certains qui sont d’accord changent d’avis ensuite..., ce terrain n’est vraiment pas évident.

Mais la difficulté, la curiosité et surtout la richesse des rencontres et la détresse de ces personnes furent un moteur permanent de ma motivation et de l’intérêt que je porte à cette recherche.

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