Mouvement du Nid

La loi fonctionne, appliquons-la !

L’accompagnement des personnes prostituées est au cœur de la loi du 13 avril 2016, comme il a toujours été au cœur de notre action. Nos délégations se sont emparés des dispositifs disponibles depuis octobre 2017.

L’accompagnement des personnes prostituées est au cœur de la loi du 13 avril 2016, comme il a toujours été au cœur de l’action du Mouvement du Nid. Il s’agit d’un outil fondamental pour faire du projet abolitionniste une réalité. Il représente la possibilité de trouver des alternatives à la prostitution, avec l’appui de l’État et de l’ensemble des acteurs/actrices réunis dans les commissions mises en place dans les départements, y compris dans ceux où la prostitution était invisible et passée sous silence auparavant.

Depuis 2017, 16 délégations du Mouvement du Nid sont agréées dans 17 départements pour présenter des personnes pour un parcours de sortie (PSP), ce qui fait du Mouvement du Nid l’association disposant du plus grand nombre d’agréments et un acteur central sur ce terrain.

Une meilleure connaissance du phénomène prostitutionnel et une meilleure coopération

Les dispositifs prévus par la loi sont appliqués de manière hétérogène sur le territoire, et nous le regrettons vivement, car partout où la loi est appliquée, nous constatons des progrès, tant pour les personnes prostituées que pour les conditions de travail des personnes qui les reçoivent.

Dans un département sur deux où le Mouvement du Nid est agréé, des diagnostics ont été menés et ont permis de lever des tabous. Associés à la sensibilisation des professionnel•les, ces diagnostics offrent l’occasion de cerner la situation : ainsi, à Laval, alors même qu’il y avait eu des démantèlements de réseau, personne ne voulait en parler.

Avec la mise en place de la commission en 2018, et la formation effectuée par le Mouvement du Nid, le sujet a pu être mis sur la table par les membres de la commission départementale.

Ces commissions, fers de lance de l’action publique, présentent de nombreux atouts selon nos délégations : elles sont un lieu de sensibilisation voire de formation pour certains des participant•es (représentant•es de la police judiciaire, Éducation nationale...) ; elles permettent le travail en coopération et une bonne connaissance mutuelle de tous les acteurs du département, dont elles améliorent la coordination.

Dans certains départements, nous regrettons cependant le manque d’investissement de la préfecture ou le manque de temps pour échanger – certaines commissions donnent parfois l’impression d’être un « tribunal » statuant sur les dossiers présentés. Le Mouvement du Nid, localement, sensibilise pour faire comprendre l’histoire difficile des personnes, les obstacles souvent méconnus qu’elle rencontrent en tant que victimes d’une forme de violence et d’exploitation sexuelle gravissime. Notre association pointe également les freins à la réinsertion afin d’amener la commission à produire des attentes raisonnables.

Le Mouvement du Nid se bat aussi contre le rejet de certains dossiers pour des raisons relevant de la politique migratoire française, sans considération pour l’engage- ment abolitionniste de notre pays.

Nos délégations agréées témoignent de l’efficacité des PSP, qui apportent une allocation spécifique (l’AFIS) et un titre de séjour provisoire, un sentiment de confiance en l’avenir (rapporté par toutes les personnes engagées dans le dispositif) et grâce à la composition interdisciplinaire des commissions, des pistes pour l’accès au logement, à la formation, l’apprentissage du français...

Grâce à la loi, les personnes prostituées ne sont plus des délinquantes, mais des victimes de violence, qui ont le droit à toute la considération de notre société. Nos délégations constatent ainsi qu’elles osent davantage porter plainte et dénoncer publiquement des violences et des abus qu’elles ne confiaient auparavant que très confidentiellement dans nos permanences d’accueil…

Pour le Mouvement du Nid, qui accompagne les victimes dans leurs dépôts de plainte, l’accueil des forces de police s’est amélioré dans plusieurs départements, suite aux collaborations dans les commissions départementales. On constate hélas encore des refus de plainte, des classements sans suite ou manque de considération des victimes ; mais là où il y a eu des formations, la situation a clairement changé.

Des échos dans nos délégations

- Loire-Atlantique

Dans notre département, la déléguée aux droits des femmes et à l’égalité a impulsé et mis en place les commissions sous la direction de la préfète de Loire-Atlantique. La constitution des dossiers de PSP a fait émerger de nombreux partenariats entre institutions et associations, dans une optique commune d’aide pour les personnes que nous accompagnons. Suite à la première commission, nous avons obtenu l’accord pour quatre femmes et un ajournement (sur cinq présentées).

- Moselle

Nous accompagnons une femme nigériane de 55 ans qui depuis plus de 4 ans vient quasiment à toutes les permanences. Sa situation était dramatique : pas de situation régulière, impayés de loyers, pas de couverture maladie alors que son état de santé était alarmant, etc. Nous l’avons accompagné dans les différents services (CPAM, Pôle emploi, assistance sociale, Préfecture...) qui lui ont permis, d’améliorer cette situation chaotique. Elle a été présentée à un PSP en novembre 2018. Maintenant peut débuter pour elle une autre vie après 18 ans de trottoir dans les rues de Paris et de Metz !

Elles nous disent

-* « C’est ma dernière solution pour quitter cet enfer. »


-* « Je ne veux plus être une victime, on a toujours profité de moi, maintenant c’est moi qui décide. »

  • « Ça me sauve la vie. »
  • « Je vais être comme toutes les autres jeunes femmes. »

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