Mouvement du Nid

23 août 2018

Le meurtre de Vanesa et la complaisance d’une société complice

Suite au meurtre de Vanesa, une personne prostituée trans au Bois de Boulogne dans la nuit du 16 au 17 août dernier, notre délégation de Paris, qui rencontre des personnes prostituées sur les lieux de prostitution, publie un communiqué de presse que nous relayons ici

une action de la Délégation de Paris

La tristesse en premier lieu. Une personne prostituée de plus violentée et tuée.
Les bénévoles du Mouvement du nid Paris pensent à Vanesa et s’indignent de toutes les violences qu’elle a subies dans ce système prostitueur, qui auront conduit à sa mort le 16 août dernier.
Nous rappelons que l’espérance de vie dans la prostitution est de 43 ans et que malheureusement la prostitution tue tous les jours.
La colère ensuite, car le passage à l’acte de violence (le meurtre en l’espèce) n’est possible que si un environnement complaisant garantit à l’agresseur une forme d’impunité. C’est donc que notre société a sa part de responsabilité dans tous les meurtres, les viols, les tortures dont ces femmes, personnes transgenres et hommes sont quotidiennement victimes depuis toujours.
Nous dénonçons la discrimination faite aux personnes victimes du système de violence qu’est le système prostitueur. Ce système est à l’intersection de toutes les dominations : celle des hommes sur les femmes, des riches sur les pauvres, du Nord sur le Sud ….
Nous dénonçons les « viols tarifés » commis dans la prostitution et punis uniquement d’une contravention. Le droit pénal français a créé cette infraction de recours à la prostitution punie d’une amende, alors qu’il s’agit d’un crime commis sous la contrainte économique des femmes, personnes transgenres et hommes les plus pauvres et vulnérables.

Avec la loi du 13 avil 2016, la France a fait un premier pas vers la reconnaissance de la violence du système prostitueur, mais le code pénal reste discriminant.
Il faut absolument que la protection des victimes devienne une priorité de l’Etat, et que la loi, qui prévoit à la fois la sanction des prostiteurs et l’accompagnement des victimes, la lutte contre le proxénétisme et l’éducation à la non marchandisation de l’être humain, soit pleinement appliquée, dans son entièreté, et avec des moyens.

Dès lors qu’il y a prostitution il y a vulnérablité, il y a contrainte…. Si la loi n’est pas appliquée, et le crime reconnu cela voudrait dire que les violences faites aux plus vulnérables ne seraient donc pas aussi graves que celles faites aux autres citoyennes et citoyens !!!!

Nous dénonçons le continuum des violences : les insultes, les violences physiques et psychologiques, les discriminations que subissent les personnes telles que Vanesa qui dans des conditions particulièrement dures sont confrontées au pire quotidiennement uniquement pour qu’une poignée d’hommes, « des clients » des violeurs, puissent continuer à jouir de leurs privilèges sexuels sur le corps des plus vulnérables.

Le meurtre très violent de Vanesa démontre bien le lien qui existe entre la haine que notre société continue à éprouver pour les femmes et les personnes transgenres et qui se traduit par l’idée que leurs corps peuvent tout à fait être vendus et achetés. Réifiées avec toute la complaisance de la société certains vont encore plus loin dans la logique de déshumanisation et n’éprouvent aucun mal à les violenter et les tuer …

La prostitution est du viol et de l’esclavage, le nier c’est faciliter le passage à l’acte, c’est banaliser le meurtre de Vanessa et de toutes les autres.

MOUVEMENT DU NID PARIS, LE 23 AOÛT 2018

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