Mouvement du Nid

8 juillet 2014

Prostitution, stop à la banalisation, stop à l’impunité !

Communiqué de presse du Mouvement du Nid

Alors que le Sénat examine ce mardi 8 juillet 2014 en Commission spéciale la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel, le Mouvement du Nid dénonce la violence permanente que constitue la prostitution et appelle à mettre définitivement fin à sa banalisation ainsi qu’à l’impunité de ceux qui exploitent la précarité et la vulnérabilité des plus faibles pour leur imposer un acte sexuel par l’argent.

Meurtres, viols, exploitation des personnes migrantes et des mineures, il suffit de revenir sur l’actualité des 15 derniers jours [1] pour prendre conscience de l’extrême violence prostitutionnelle :

  • À Clichy-la-Garenne, un "client" tue à coups de couteau une "escort girl" juste après avoir quitté sa femme (03/07/14) ;
  • À Torcy, deux adolescentes de 14 et 16 ans contraintes à la prostitution subissent les agressions sexuelles de 40 "clients" (26/06/14) ;
  • À Paris, une prostituée chinoise finit par dénoncer les proxénètes qui l’exploitaient et la torturaient (21/06/14) ;
  • À Mulhouse, deux CRS sont condamnés pour avoir violé une prostituée roumaine en situation irrégulière (20/06/14).

Exploitation des femmes migrantes, des jeunes en difficulté ou des personnes précaires, violences sexuelles, voilà les réalités de la prostitution a rappelé Claire Quidet, porte-parole du Mouvement du Nid. Contrairement à ce que nous avons trop entendu, la pénalisation des seuls "clients" ne met pas en danger les personnes prostituées, bien au contraire ! 15 ans après l’entrée en vigueur de sa loi, la Suède ne compte aucun meurtre de personnes prostituées. La France, comme tous ses voisins, en compte plusieurs dizaines sur la même période !.

Il est urgent de mettre fin à l’impunité de ceux qui imposent un acte sexuel par l’argent en interdisant l’achat d’un acte sexuel, tout en engageant enfin l’Etat aux côtés des victimes a poursuivi Grégoire Théry, secrétaire général de l’association. Nous ne tolérerons plus le silence de l’Etat sur ces violences quotidiennes et dénoncerons la responsabilité de ceux qui les cautionnent en banalisant, voire même en justifiant, la prostitution.

En inversant pour la première fois la charge pénale des personnes prostituées vers leurs "clients", la France peut enfin se donner les moyens de mieux protéger les personnes prostituées qui pourront faire respecter leurs "conditions" ou dénoncer les acheteurs abuseurs, et de casser la rentabilité du marché prostitutionnel qui motive l’investissement proxénète, a conclu Jacques Hamon, président du Mouvement du Nid.

Contact presse :
Elise Guiraud, 01 42 70 77 79, communication@mouvementdunid.org.

Sources citées

Il a notamment expliqué s’être acharnée à coups de couteau sur cette prostituée, de nationalité dominicaine et qui était âgée de 32 ans, alors qu’il venait de quitter sa femme, révèle un proche de l’affaire. Il semblait fréquenter de nombreuses prostituées

.

Sa fille de 14 ans lui a raconté avoir été "livrée" pendant 5 jours à la prostitution par plusieurs jeunes hommes lors de sa fugue. "Une quarantaine de clients se sont succédé pendant cinq jours dans cet hôtel (...) dans lequel ces deux jeunes filles étaient retenues", confie une source policière au quotidien régional. "Les prestations sexuelles étaient tarifées entre 200 et 250 euros. Ces deux adolescentes étaient toujours sous la surveillance de deux des trois proxénètes

.

Coups, tentative d’étouffement avec un oreiller, brûlures de cigarettes. Elle se plaint également que son argent lui est confisqué. La victime explique que son supplice est orchestré par une femme, avec la participation de trois hommes de main, tous de nationalité chinoise.

Elle était en situation irrégulière et vous l’avez utilisée comme un objet sexuel dont on pouvait se servir gratuitement.

[1À lire aussi, sur le site de notre revue, Prostitution et société, notre page In memoriam : ici, depuis des années, nous rendons hommage aux victimes du système prostitutionnel en rendant compte des violences qu’elles ont subies et dont nous avons été informés.

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