Mouvement du Nid

8 mars 2010

RassembléEs contre TOUTES les violences faites aux femmes le 8 mars

Oui, la violence masculine envers les femmes existe. Elle a toujours existé. A toutes les époques, sur tous les continents, dans toutes les cultures. Aujourd’hui agir contre ces violences est une Grande Cause Nationale qui concerne l’ensemble de notre société.

Des femmes et des hommes ont toujours lutté contre les violences masculines. Des luttes personnelles, individuelles pour surmonter la violence. Des luttes solidaires pour venir en aide aux femmes violentées. Des luttes féministes qui s’organisent, se spécialisent, se développent de plus en plus depuis quarante ans contre les multiples formes de violence : violences sexuelles, violences dans la relation de couple, violences liées aux traditions, violences sur le lieu du travail, violences envers les femmes issues d’autres cultures, violences de l’achat de « actes sexuels », violences de l’image dégradée et avilissante des femmes dans la production pornographique….

Aujourd’hui, pour cette Grande Cause nous sommes réuni-e-s, organisé-e-s dans un collectif de 25 associations. Nos champs d’action sont divers mais nous faisons les mêmes constats.

• Quelle qu’en soit la forme, la violence masculine envers les femmes découle de l’organisation millénaire des sociétés humaines, système patriarcal historique et structuré de domination des femmes par les hommes.

• Quelle qu’en soit la forme, la violence provoque les mêmes blessures : atteintes à l’identité, à l’intégrité, à la liberté, aux droits fondamentaux, à l’équilibre psychique, à la santé physique et mentale de celles qui en sont victimes ;

• Quelle qu’en soit la forme, pour exercer des violences les agresseurs mettent en œuvre la même stratégie : isoler, mépriser et dévaloriser leur victime, transférer la responsabilité des violences sur celle qui les subit, maintenir sous terreur, verrouiller la parole qui mettrait un terme à leur impunité ;

• Quelle que soit la forme de violence subie, les femmes violentées ont besoin de soutien, de sécurité, de solidarité, de justice, de soins pour retrouver le sens de leur vie et leur pleine autonomie.

• Quelle que soit la forme de violence, le fondement de l’aide que nous pouvons leur apporter est semblable et nous leur disons : vous avez raison de dénoncer la violence, l’agresseur n’avait pas le droit d’agir de cette façon, c’est interdit, c’est puni, vous avez des droits, nous allons vous aider.

Et la prostitution ?

Le Mouvement du Nid organise son message à travers quatre propositions pour aider les femmes victimes de la violence prostitutionnelle. Elles seront rappelées, ce 8 mars 2010 à l’Elysée, devant Nicolas Sarkozy qui reçoit les membres du collectif :

1. Supprimer toute mesure répressive à l’encontre des personnes prostituées.
Nous demandons la suppression de toute mesure répressive envers les personnes prostituées et notamment, l’abrogation du délit de racolage. Les personnes prostituées ne doivent plus être traitées comme des coupables, mais bien comme des victimes du système prostitutionnel, avec les droits que cela suppose : comme toute victime de violence, elles doivent obtenir protection (par exemple un titre de séjour sans condition de dénonciation des proxénètes), et un soutien pour mettre fin à la violence, autrement dit, des alternatives crédibles pour quitter la prostitution, pour celles qui le souhaitent – la grande majorité d’entre elles.

2. Empêcher les « clients » prostitueurs de nuire, en interdisant l’achat de tout acte sexuel et en menant des campagnes de prévention.
L’achat d’un acte sexuel constitue une violence faite aux femmes. Nous savons également que les personnes prostituées dénoncent les « clients » comme les premiers auteurs des autres formes de violence qu’elles rencontrent : coups, injures, agressions diverses... À l’image du « modèle nordique » inauguré avec succès en Suède depuis 1999, nous demandons que le fait d’acheter un acte sexuel soit interdit par la loi, une mesure qui doit impérativement s’accompagner d’ambitieuses campagnes de prévention et d’éducation à l’égalité et à la sexualité, de lutte contre les violences faites aux femmes.

3. Raffermir la lutte contre le proxénétisme et indemniser ses victimes.
Face au développement de « l’industrie du sexe » et à la promotion incessante, malgré son échec patent, du modèle réglementariste (Allemagne, Pays-Bas...) qui fait du proxénète un banal patron d’entreprise, nous demandons un renforcement de la pénalisation du proxénétisme passant par une réelle application des lois existantes, et l’amendement de l’article 706-3 du code de procédure pénale afin d’inclure le proxénétisme dans la liste des crimes ouvrant droit à une indemnisation.

4. Auprès du grand public et des jeunes, promouvoir des relations hommes-femmes égalitaires et débarrassées de l’exploitation.
Nous demandons des politiques de prévention fondée sur l’égalité entre les filles et les garçons, une éducation à la sexualité sans tabous et respectueuse du désir de l’autre, afin de promouvoir un modèle égalitaire, où la violence et la marchandisation sont exclues de la sexualité, de manière à franchir une nouvelle étape vers l’émancipation des femmes et le renforcement de l’égalité entre les sexes.

Ces quarante années ont permis de briser le silence. Trop longtemps les victimes ont été étouffées par la honte, aujourd’hui il est temps, ensemble, de faire changer la honte de camp !

Site du collectif : www.violencesfaitesauxfemmes.com

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