Mouvement du Nid

30 mars 2011

Roselyne Bachelot :Il faut punir les clients des prostituées. Oui... et dépénaliser les personnes prostituées ! (mars 2011)

Le Mouvement du Nid se félicite du soutien apporté par Roselyne Bachelot au projet de pénalisation des clients prostitueurs, une mesure qu’il réclame depuis 2007. « Mais pour être cohérente, cette disposition doit s’accompagner de la dépénalisation totale des personnes prostituées » précise d’emblée Grégoire Théry, Secrétaire Général de l’association.

Roseyne Bachelot, ministre de la Solidarité et de la Cohésion sociale, en charge de la lutte contre les violences faites aux femmes, a affirmé dans un entretien accordée au Parisien (30/03/11) être en faveur de la pénalisation des "clients" de la prostitution. Le Mouvement du Nid – France se réjouit de cette prise de position. Les pouvoirs publics ont la responsabilité de nommer les prostitueurs « agresseurs » et les amener à prendre conscience de la portée de leur acte.

Le rapport prostitutionel : une violence

L’achat d’un acte sexuel n’est rien de moins que la mise à disposition contrainte du corps des femmes pour les hommes, indépendamment du désir de celles-ci, dans la lignée du « droit de cuissage » et du viol.

Loin d’être réductible à une transaction entre deux individus, au « consentement » de l’une à se plier aux exigences de l’autre, il s’agit d’un rapport fondamentalement inégalitaire, inscrit dans la domination sexiste.

« Quel que soit le niveau de contraintes subi par la personne prostituée et l’étendue de son “consentement”, de nombreuses recherches ont établi que les rapports sexuels non désirés constituent en soi une violence et entraînent des séquelles graves », affirme Claire Quidet, porte parole du Mouvement du Nid-France.

Cette attention, inédite en France, vis-à-vis des « clients » est d’autant plus salutaire que statistiquement, ceux-ci sont les auteurs de la majorité des agressions subies par les personnes prostituées. Ils sont aussi ceux pour qui le marché prostitutionnel est organisé : si des femmes sont battues, violées, harcelées, désespérées, humiliées... de manière à fournir « l’offre » du système prostitutionnel, c’est bien parce que des hommes sont encore prêts à « payer pour ça » !

En finir avec la pénalisation des personnes prostituées

Mais « il est pour nous inconcevable de pénaliser le client si, d’une part, l’Etat continue de s’attaquer aux personnes prostituées, et si d’autre part, aucune alternative crédible à leur situation ne leur est proposée ! », précise Grégoire Théry, Secrétaire général du Mouvement du Nid - France. « Comme l’ont fait la Suède et les autres pays nordiques auxquels Madame Bachelot fait référence au cours de l’entretien au Parisien, il faut donc simultanément abroger le délit de racolage, pénaliser le client prostitueur et offrir des alternatives aux personnes prostituées », explique t-il. Dépénaliser les personnes prostituées en tant que victimes du système prostitutionnel, c’est la base de l’approche abolitionniste que Roselyne Bachelot revendique pour la France !

Pour une politique publique cohérente et abolitionniste

Aucune politique de lutte contre le système prostitutionnel ne peut faire l’économie de la mise en cause du "client" prostitueur. Mais cette étape nécessaire se conçoit en synergie avec d’autres mesures, à commencer par la prise en compte des situations vécues par les personnes prostituées !

Le Mouvement du Nid - France agit auprès de milliers de personnes prostituées dans 32 villes françaises. Nous plaidons sans relâche pour :

- L’abrogation du délit de racolage actif et passif et de toutes les mesures de répression touchant les personnes prostituées ;
- Une lutte résolue contre toutes les formes de proxénétisme ;
- L’ouverture d’alternatives réelles pour celles et ceux qui souhaitent quitter la prostitution ;
- Des campagnes de sensibilisation des "clients" prostitueurs et une norme interdisant l’achat de rapport sexuel, à l’exemple de la Suède (1999) et de la Norvège (2008).
- Des campagnes de prévention en direction des jeunes afin qu’elles/ils ne deviennent ni prostitué-e-s, ni proxénètes, ni "clients" prostitueurs.

contact presse : 01 42 70 77 79

Réseaux sociauxFBTweet

Nos vidéos