Mouvement du Nid

Une aventure humaine depuis 1937

Depuis sa fondation, le Mouvement du Nid soutient les personnes prostituées, lutte contre le système qui les enferme, informe l’opinion publique.

À partir des années 30

Le projet du Mouvement du Nid est initié par une rencontre entre deux personnalités d’exception. Germaine Campion, une femme éprouvée, prostituée et alcoolique, a quitté Paris pour “venir mourir” dans sa ville natale, Paramé-Saint-Malo, en Bretagne. Elle confie sa détresse à André-Marie Talvas, prêtre dans cette ville. Celui-ci, qui a fondé un réseau de centres sociaux fréquentés par de nombreuses femmes en difficulté, est sensible à son témoignage.

Le Nid deviendra une réalité avec Maggie Boire, militante à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) : Cette jeune femme, bretonne également, a découvert à l’occasion d’une visite à Paris les conditions d’existence de personnes prostituées avec qui elle a échangé quelques mots. Elle en conçoit une telle révolte qu’elle quitte son emploi et sa région pour venir fonder le "Nid" avec le soutien d’André-Marie Talvas.

Les années qui suivent voient leur projet gagner en ambition : dans la dynamique du catholicisme social, portée par des mouvements tels que l’Action Catholique Ouvrière et la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, l’équipe du "Nid", qui ne cesse de s’étoffer, parvient à mobiliser les consciences autour de la question de la prostitution ; quelques nouveaux centres d’accueil sont ouverts.

L’après-guerre

Le Mouvement du Nid s’engage dans la campagne de fermeture des “maisons”, qui aboutit à la loi du 13 avril 1946 dite “Loi Marthe Richard”. Au moment de cet engagement public, le triple objectif du Mouvement du Nid est déjà identifié :

- aider les personnes prostituées ;
- informer l’opinion publique ;
- agir sur les causes et conséquences de la prostitution.

En février 1946, l’association est officiellement enregistrée sous le nom “Le Nid”, puis, quelques mois plus tard, “L’Amicale du Nid”.
Germaine Campion et André-Marie Talvas accueillent toujours plus d’amis et de militants, et l’association ouvre de nouveaux centres d’accueil : à Clichy, puis à Bordeaux, Lyon, Marseille...

Une prise d’envergure nationale et internationale

Dès 1951, le Nid dispose d’une revue, Moissons Nouvelles, qui devient Femmes et Mondes en 1968 puis Prostitution et Société en 1989.

L’association est de tous les débats ; au niveau national, européen et mondial, une intense réflexion sur le système prostitutionnel se met en place, aux enjeux très lourds.

Le Nid s’implique aux côtés de la Fédération Abolitionniste Internationale dès 1950, lors de nombreux congrès internationaux. En 1949, les Nations Unies élaborent la Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution ; en 1960, cette avancée est acquise dans le droit français, grâce à la publication d’un ensemble de lois, un processus législatif au cours duquel le Nid a pu faire entendre sa voix.

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Il est également présent lors des occupations d’églises par les prostituées lyonnaises, en 1975.
L’association s’investit dans le domaine de la formation des travailleurs sociaux et dans la prévention : en 1961, le Nid intervient pour la première fois à la télévision, dans l’émission Faire Face.

L’association, enfin, s’exporte à l’étranger avec l’installation au Brésil (1963) et au Portugal (1967). Depuis 1980, le Mouvement du Nid est également présent en Belgique et au Bénin ; en Côte d’Ivoire depuis 1991. La même année, il co-fonde la Fédération Européenne pour la Disparition de la Prostitution (FEDIP) avec des associations de plusieurs pays d’Europe.

Les paris de la modernité

À partir des années 1970, les salariés de l’association, qui animaient les centres d’accueil, prennent leur autonomie, donnant à l’Amicale du Nid le visage qui est le sien aujourd’hui.

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Le Mouvement du Nid se concentre alors sur ses activités militantes : prévention et sensibilisation de l’opinion publique, et accueil, dialogue et réflexion avec les personnes prostituées.

Des projets ambitieux sont menés pour dénoncer le système prostitutionnel et mobiliser la réflexion de la population. Le Mouvement du Nid alimente sa réflexion en organisant des enquêtes inédites, telles que l’enquête nationale Les jeunes et la prostitution (36 000 participations), l’enquête Printemps sur la réinsertion ou, aujourd’hui, la[recherche sur les clients de la prostitution menée par le sociologue Saïd Bouamama. Les colloques internationaux sont une occasion précieuse de communiquer le fruit de ses recherches.

Fort de la reconnaissance d’utilité publique accordée en 1986, le Mouvement du Nid s’attache à réveiller les consciences grâce à ses affiches-chocs et ses outils sans cesse perfectionnés : en témoigne le succès des bandes-dessinées Pour toi Sandra et No Limits !, respectivement sur la prostitution et la violence, qui ont ému et fait réfléchir des milliers de collégiens et lycéens.

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