Semaine abolitionniste à  Paris

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À l’occasion du 70ème anniversaire de la convention des Nations Unies du 2 décembre 1949, la coalition pour l’abolition de la prostitution (CAP international), a réuni ses membres à  Paris pour le lancement d’un appel à  l’action contre l’exploitation sexuelle, signé par plus de 180 parlementaires internationaux.

C’est dans la préparation du forum Génération égalité qui sera accueilli en juillet 2020 par la France pour les 25 ans de la conférence de Pékin sur les droits des femmes, que CAP international a décidé de réunir à  Paris ses 33 associations membres, issues de 26 pays sur quatre continents début décembre.
Le 3 décembre 2019, lors d’un événement organisé avec le soutien des gouvernements français et suédois à  l’Hôtel de Cassini à  Paris, un appel à  l’action signé par plus de 180 parlementaires a été initié. Il demande qu’à  l’horizon 2030, il soit mis fin à  l’exploitation sexuelle dans le monde, et reconnaît que le modèle législatif de l’égalité (abolitionniste) doit être adopté partout pour atteindre cet objectif.

En effet, alors que le combat abolitionniste pour que les institutions internationales n’adoptent pas le langage « sex work » (parlant de « travail du sexe » au lieu de prostitution) se poursuit, il est indispensable de se référer à  la convention de 19491)Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui. Adoptée par l’AG de l’Onu le 2 décembre 1949. , qui exprime très clairement que la prostitution est une atteinte à  la dignité humaine.

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C’était aussi l’anniversaire de la convention CEDAW, adoptée le 18 décembre 1979 Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, adoptée par l’AG de l’Onu le 18 décembre 1979., qui affirme que : « les États-parties prennent toutes les mesures appropriées, y compris les dispositions législatives, pour supprimer, sous toutes leurs formes, le trafic des femmes et l’exploitation de la prostitution des femmes ».

Lors de l’événement organisé le 3 décembre 2019, les gouvernements français et suédois ont réaffirmé leur engagement fort pour le modèle abolitionniste et pour que les deux pays mènent conjointement une diplomatie abolitionniste, conformément à  la position commune prise par Stockholm et Paris le 8 mars 2019.

Guillaume Gouffier-Cha, député LREM de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale, Laurence Rossignol, sénatrice et ministre des droits des femmes en exercice au moment de l’adoption de la loi du 13 avril 2016, Maud Olivier, qui a été la rapporteure de la proposition de loi et Élisabeth Moiron-Braud, secrétaire générale de la MIPROF2)Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains., ont réaffirmé la nécessité d’appliquer pleinement l’interdiction d’achat d’actes sexuels et l’accompagnement des personnes en situation de prostitution pour que le nombre de victimes de prostitution diminue.

Enfin, des représentant·es de CAP international, dont des survivantes de plusieurs associations membres, se sont exprimés : du Malawi, de Mongolie, d’Afrique du Sud, de Colombie, des États-Unis, du Népal, de Palestine et d’Espagne. Tout·es ont fait part des situations différentes dans leur pays. Des interventions passionnantes, s’accordant sur la nécessité d’adopter le modèle abolitionniste, indispensable dans un objectif de droits humains et d’égalité entre les femmes et les hommes.

Notes   [ + ]

1. Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui. Adoptée par l’AG de l’Onu le 2 décembre 1949.
2. Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains.