Violences sexuelles: une enquête nationale pour faire reculer le déni

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Une enquête rendue publique par l’association Mémoire traumatique et victimologie lève
le voile sur l’impact des violences sexuelles sur les personnes concernées. Il est capital de
sortir du déni qui pèse sur les souffrances des victimes et ainsi d’enrayer le cycle infernal
des maltraitances.

Défaut de dépistage et manque de soins appropriés par des professionnels formés : bien qu’elles aient subi les pires traumatismes, les victimes de violences sexuelles ne sont pas suffisamment prises en charge, ce qui entraîne de lourdes conséquences sur leur vie et leur santé.

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Ces conclusions d’une enquête nationale Impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte ont été rendues publiques le 2 mars 2015, lors d’un colloque organisé au Sénat par l’association Mémoire traumatique et victimologie et dans le cadre de la campagne Stop au déni (découvrez cette enquête et la campagne sur le site de l’association Mémoire traumatique).

Pour la première fois, 1 214 victimes de violences sexuelles, dont 95 % de femmes de toutes les catégories sociales, ont accepté de témoigner à travers un questionnaire d’auto-évaluation.

Une démarche inédite

Les violences sexuelles faites aux mineures sont peu documentées en France, alors que c’est une population particulièrement vulnérable. Selon les conclusions de cette enquête inédite, les
violences ont été subies dans 81 % des cas alors que les victimes étaient mineures et dans 94 % des cas leur agresseur était un proche.

Un lourd tribut pour les victimes

La gravité de ces violences est loin d’être suffisamment prise en compte. Et pourtant, une victime sur deux qui a été agressée durant l’enfance, a tenté de se suicider. Parmi les répondants, 96 % disent subir de lourdes conséquences sur leur santé mentale (troubles du sommeil, stress, anxiété, perte d’estime de soi…) et 69 % sur leur santé physique (douleurs récurrentes, troubles alimentaires, fatigue chronique…).

Le risque de développer un état de stress post-traumatique est particulièrement élevé dans le cas de violences sexuelles et plus encore en cas de viol (80 %), d’inceste et de violences  sexuelles (87 %) durant l’enfance. Malgré leur grande vulnérabilité, 83 % des victimes déclarent n’avoir jamais été protégées ni par la police, ni par leurs proches.

Le déni et la loi du silence isolent et fragilisent davantage les victimes. Cette solitude et cette vulnérabilité les conduisent bien souvent à subir de nouvelles violences sexuelles qui sont des instruments de domination et d’oppression, commentent les auteurs de l’enquête.

Il est donc capital que le corps médical dépiste les violences subies, en particulier sexuelles et que les pouvoirs publics mettent en œuvre les moyens nécessaires pour protéger, accompagner et soigner efficacement toutes les victimes.