Affiches : l’Indre-et-Loire sensibilise les « clients » prostitueurs

857

La délégation du Mouvement du Nid d’Indre-et-Loire multiplie les actions et les initiatives. Trois grands projets sont en cours, que l’équipe entend mener jusqu’au bout… quels que soient les difficultés et les obstacles. Premier volet : sensibiliser les prostitueurs ! 

La nécessité de s’adresser au grand public animait l’équipe depuis longtemps.  Grâce à des fonds de la directionrégionale aux droits des femmes, elle a donc mis en place un groupe de travail avec trois bénévoles, la salariée et un stagiaire afin de construire deux messages, image et texte : l’un sur la prostitution en général, l’autre sur la responsabilité pénale des « clients » prostitueurs. Il est en effet essentiel d’informer, pour lutter contre l’impunité qui continuer à régner pour des hommes qui n’hésitent pas à imposer un acte sexuel par l’argent à des mineures, comme le révélait cette affaire récente. 

Des réunions mensuelles ont permis de réfléchir au public visé comme au contenu des messages et des affiches. Le groupe a ensuite fait appel à deux graphistes qui ont travaillé à partir d’un cahier des charges. 

Annonce

Les slogans retenus sont clairs : « La prostitution, ça nous regarde tous » ; « Acheter du sexe est passible de poursuites judiciaires ». Un volet informatif accompagne les affiches, à partir de l’étude menée pour le Mouvement du Nid sur les « clients » en 2004 et de son enquête Prostcost sur le coût social de la prostitution.

Trouver une diffusion pour les affiches

Finalisé en 2022, le projet devait désormais trouver preneur pour des campagnes d’affichage. L’équipe a donc contacté par courrier 40 municipalités du département en joignant les travaux des graphistes : « Nous avions pour objectif de décrocher des entretiens afin d’exposer notre projet de vive voix, et de discuter des formats choisis – affiches, cartes postales… – », explique Magali, la salariée.

Les débuts du projet ont été un peu timides : « Jusque là, deux municipalités seulement nous ont proposé une rencontre. Nous avons donc envoyé des relances en recentrant sur les communes de Tours Métropole-Val-de-Loire et celles du milieu rural comme Amboise, Chinon, Loches et Langeais. Nous ne désespérons pas ; il nous reste du temps pour parvenir à une bonne diffusion de cette campagne, au moins dans la première couronne de la ville de Tours, à l’horizon de la Journée du 25 novembre 2023. »

Le Mouvement du Nid a l’habitude de devoir dépasser les réticences qui entourent la question. « La SNCF devait relayer la campagne sur trois gares et nous avons appris qu’elle revenait sur sa décision au profit d’une campagne plus générale sur les violences faites aux femmes. Notre objectif était d’arriver à 350 panneaux, comme en 2012, au temps de notre campagne « Pas ma mère, pas ma soeur ». De même, on nous avait assuré que l’affiche serait diffusée sur l’appli Yep’s pour les 16/25 ans. Et puis rien. Le sujet continue de faire peur. Un élu chargé de la vie associative nous a dit craindre que nos affiches puissent être vues par des enfants… » 

Premières victoires

Mais il y a aussi des bonnes nouvelles. La prise de conscience se fait petit à petit. Tout récemment, c’est la ville de Chateaurenault qui a elle-même fait parvenir les photos des résultats de la campagne (voir photos ci-dessus). Les affiches sont bien visibles dans l’espace public ainsi que dans les lieux de passage (mairie, etc.)

Et la campagne a d’ores et déjà été utile à la Délégation départementale aux droits des femmes (DDFE) du Cher. Le 25 novembre 2022, alors que lajournée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes était consacrée au système prostitutionnel et qu’étaient formés 73 acteurs de terrain, la DDFE a obtenu un financement afin que la campagne soit relayée sur son département. Plusieurs affiches en format abribus et autres formats ont déjà été diffusées à Bourges et en milieu rural.

Souhaitons que ces exemples se multiplient, notamment dans la perspective de la prévention de l’achat d’actes sexuels dans le cadre des grands événements sportifs à venir (Coupe du monde de rugby, Jeux Olympiques en 2024).

A voir également, notre campagne « Le prix d’une passe n’est pas celui que tu crois »