Last Girl First : Lancement réussi !

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Le mardi 21 mars, le Mouvement du Nid et CAP international organisaient à la Cité Audacieuse un événement de lancement du livre en français consacré à l’étude de CAP international, Last Girl First, la prostitution à l’intersection des oppressions sexistes, racistes et de classe. 

La salle était pleine pour écouter les interventions passionnantes des intervenantes invitées pour l’occasion. 

Héma Sibi, coordinatrice du plaidoyer de CAP International a présenté l’étude Last Girl First, décrivant la manière dont la prostitution est a l’intersection des oppressions sexistes, racistes et de classe. Partout, ce sont les femmes issues des groupes les plus marginalisées, celles qui cumulent les vulnérabilités et sont le plus exposées aux discriminations sexistes, racistes et à la pauvreté/précarité, qui sont surreprésentées dans la prostitution.

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Ainsi, ce sont les femmes afro-américaines aux Etats-Unis, les autochtones au Canada, les migrantes en Europe qui constituent la majorité des personnes en situation de prostitution…alors même qu’elles sont des minorités.

La coordinatrice de l’étude a décrit comment le patriarcat organisait le système prostitueur au profit de « clients » imposant un acte sexuel par l’argent. Elle aussi démontré comment le système de la prostitution était raciste, et avait été souvent un des outils du colonialisme utilisé contre les peuples colonisés.

Enfin, elle a mis en avant comment la précarité, le sans abrisme, étaient des facteurs de risque supplémentaire d’entrée – et de maintien dans la prostitution. Car comme le dit la survivante Rosen Hicher, « J’y suis entrée pour 3 mois pour des problèmes financiers, j’y suis restée 22 ans  et j’avais toujours les mêmes problèmes d’argent ».

Elle a enfin conclu : « Mettre les « Last Girls First », c’est une lutte pour le peuple, pour l’égalité femmes-hommes, une lutte antiraciste et pour la justice sociale. Cette étude, c’est un appel à l’action! »

Lutte contre la pauvreté

Nous avons ensuite reçu Nathalie Latour, directrice de la Fédération des acteurs de la solidarité  qui a parlé des besoins pour la sortie de prostitution. Les PSP, parcours de sortie de prostitution prévus par la loi sont formidables…mais trop peu nombreux.

« 95% des personnes dont le parcours de sortie est terminé ont une formation, un emploi, un logement. C’est une réussite. Mais trop peu en bénéficient. Cela manque d’ambition et de moyens! ».

 

Frédérique Kaba, chargée de missions sociales à la Fondation Abbé Pierre est ensuite intervenue sur le mal-logement. Elle a expliqué combien c’était un facteur de vulnérabilité. « Les femmes sont particulièrement touchées. Et la crise sanitaire a renforcé les échanges de logement contre des actes sexuels pour les étudiantes, les femmes migrantes, etc. »

Enfin, Alexine Solis et Rosalie, survivantes, sont intervenues enfin pour donner leur avis sur ce que la société, ce que nous devons faire collectivement pour favoriser la sortie de prostitution. Pour Alexine Solis, il faut « écouter la parole des survivantes :  ça permet de comprendre notre vécu mais aussi prévenir d’autres situations de prostitution ». Pour Rosalie qui a été victime d’un proxénète alors qu’elle était mineure, il faut faire savoir la réalité de la prostitution : « ce que veulent les clients, c’est nous invisibiliser, nous dévaloriser, c’est de l’opportunisme. Il faut le faire savoir ». 

La soirée, qui se déroulait avec le soutien de la Cité Audacieuse, était également soutenue par le Réseau européen des femmes migrantes, Solidarité Femmes 3919, La CLEF (coordination pour un lobby européen des femmes, Osez le féminisme !,et la Fondation Scelles.

Le replay est disponible sur Youtube :

 

Le livre de l’étude est disponible aux Editions Libre