A Lyon, un deuxième confinement fort des enseignements du premier

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Pour la délégation du Rhône du Mouvement du Nid, ce second confinement est nettement différent du premier, malgré la tension nettement plus importante dans les hôpitaux du département.

Ce qui fait la différence, explique Marine, déléguée départementale, c’est que « des bénévoles sont restés à Lyon, et peuvent se déplacer au local et l’ouvrir pour des rendez-vous pris à l’avance par téléphone ».

Aussi, les restrictions de circulation, avec d’abord le couvre-feu, ont moins pris tout le monde par surprise qu’au printemps. « Il nous restait quelques chèques-services, et comme on savait qu’on allait fermer le local, on les a distribués aux personnes qui pouvaient en avoir besoin », poursuit Marine.

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L’autre différence, c’est que beaucoup d’institutions restent ouvertes cette fois-ci. Pour les rendez-vous en préfecture, à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), à l’Ofpra. Une partie des personnes accompagnées en réinsertion continuent à travailler.

Pas de prostitution visible en ville

« Le fait que plus de monde circule, fait que les « clients » prostitueurs se rendent plus dans les appartements. Il reste, dehors, des personnes dans les camionnettes, plus en périphérie de la métropole. Des « clients » continuent de passer. Elles se retrouvent très isolées, nous allons les voir et leur apportons de l’aide d’urgence ».

Côté hébergement, ce n’est pas le reconfinement qui a créé de nouvelles situations d’urgence, mais les conséquences du premier confinement au printemps. Ainsi, deux mises à l’abri étaient en cours début novembre, suite à des difficultés de logement survenues au printemps.

« Là où c’est compliqué, note Marine, c’est pour des personnes hébergées dans des CHRS (Centre d’hébergement et de réinsertion sociale), qui imposent parfois un règlement intérieur très restrictif, et encore plus avec le confinement. Il était parfois difficile de comprendre, pendant l’été, des restrictions de circulation qu’on leur imposait, après tout ce travail de réinsertion qu’elles ont entrepris.  « Je n’ai pas envie qu’on me donne des ordres sur ma façon de vivre et de dormir », nous a dit l’une d’entre elles.

Une meilleure solidarité entre associations

Le Mouvement du Nid du Rhône, avec les autres associations locales d’aide aux personnes prostituées, s’est occupé de deux femmes qui avaient été victimes d’une agression dont la presse s’était fait le relais – un conducteur de voiture leur ayant roulé dessus volontairement.

« L’urgence a amélioré les relations entre associations de terrain, même avec celles avec qui nous avons des désaccords idéologiques. Cela se passe plutôt mieux qu’avant, les travailleuses sociales et travailleurs sociaux échangent et dialogue sur les situations des personnes », explique Marine

Des parcours de sortie de plus en plus demandés

Situation nouvelle à la délégation basée à Lyon, elle a désormais une salariée, chargée de gérer les « PSP », les parcours de sortie de la prostitution prévus par la loi du 13 avril 2016. Aujourd’hui, elle en gère cinq. Et les demandes se font de plus en plus nombreuses.

« Nous avons une belle liste d’attente pour les PSP, et incontestablement, le confinement a accéléré les choses pour un certain nombre de personnes, qui ont pris conscience de la nécessité pour elles de sortir de la prostitution. On pourrait en proposer 4 ou 5 tous les six mois, mais on n’a pas les moyens pour le moment, même avec une salariée », conclut Marine.