Belgique : alors, cette loi révolutionnaire ?

Belgique : un après, quid de la loi « révolutionnaire » sur la prostitution en Belgique ?

Il y a un peu plus d’un an, toute la presse s’était emballée pour une loi révolutionnaire, historique ! La Belgique venait de créer un contrat de travail pour les « travailleurs et travailleuses du sexe ». Nous avions souligné notre scepticisme face à tant de naïveté… De fait, le miracle attendu n’a pas eu lieu.

Aujourd’hui, l’enthousiasme est bien retombé. L’agence Belga, relayée par La Libre Belgique, se rend à l’évidence :

« Un peu plus d’un an après l’entrée en vigueur de la loi sur le travail du sexe, seule une poignée de prostituées, sur les quelque 20.000 que compte le secteur, ont été engagées sous contrat de travail »

Ce nouveau statut était pourtant plein de promesses. Il allait octroyer aux « travailleurs et travailleuses du sexe » un accès à la pension de retraite, aux congés payés, à la sécurité sociale, et de multiples avantages ! Les personnes prostituées allaient même pouvoir refuser des « clients » et les actes qu’elles n’auraient pas souhaités ! On s’en frottait les yeux…

Encore fallait-il que « l’employeur », que l’on appelle en France un proxénète, soit agréé par les autorités; « proxénète agréé » qui, on l’imagine, allait certainement goûter les états d’âme et les refus d’obtempérer de ses « employées »…

Justement, à en croire La libre Belgique, cinq agréments seulement ont été accordés, et seuls sept seraient à l’étude. Autrement dit, explique le journal, « ce nouveau statut de salarié pour le plus vieux métier du monde ne s’applique actuellement qu’à « quelques dizaines de personnes tout au plus » sur les 20.000 personnes grosso modo concernées par le travail du sexe en Belgique, d’après les estimations des associations du secteur Utsopi et Espace P. »

Une évaluation de la loi et de ses dispositions par les autorités aura lieu fin 2026-début 2027. On doute que le fameux contrat soit d’ici là entré dans les moeurs. Car l’échec d’une telle loi n’est pas seulement du à la durée, somme toute assez courte, qui s’est écoulée depuis son entrée en vigueur. Il est inhérent à la nature même de l’exploitation prostitutionnelle, négation absolue du droit du travail qui prospère en général dans un contexte de violences et de corruption quand ce n’est pas de criminalité.