Ne laisser personne sous le seuil de pauvreté

Editorial

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La crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 a particulièrement touché les personnes prostituées, comme toutes les personnes en situation de précarité, partout dans le monde. Confinées, sans ressources ni accès à aucun des dispositifs d’urgence mis en place par l’État, beaucoup d’entre elles ont dû une partie de leur survie à un formidable élan de solidarité associative.

Comme le montre en détails l’édition spéciale de notre revue n°204, les membres du Mouvement du Nid ont agi sans relâche tout au long de cette période pour leur venir massivement en aide : aide matérielle en premier lieu, mais aussi écoute, présence régulière et soutien téléphonique, précieux en cette période anxiogène, encore plus pour des personnes éloignées de leur pays d’origine par les réseaux.

Avec 26 autres associations féministes et de lutte contre les violences faites aux femmes, le Mouvement du Nid, soucieux du long terme, a saisi l’occasion pour interpeller les pouvoirs publics, demandant à ce qu’aucune personne prostituée ne soit laissée sous le seuil de la pauvreté. Et il continuera sans relâche à exiger pour elles un toit, une aide financière et un droit au séjour.

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Pendant ce temps, les pays qui ont dépénalisé le proxénétisme ont montré leur indifférence au devenir de ces personnes, pour la plupart abandonnées à une précarité que la loi qui prétendait tant améliorer leur sort n’est pas parvenue à contrer, puis leur absolu cynisme lors du déconfinement. En Suisse, où les sports de contact restent interdits, les tenanciers, ardents défenseurs du « travail du sexe » et de ses profits, ont pu à force de lobbying obtenir la réouverture rapide des bordels, au péril de la vie des femmes qu’ils exploitent. Aussi imparfaitement appliqué soit-il, notre modèle abolitionniste permet à l’inverse une véritable lutte contre les violences faites aux femmes et contre la logique impitoyable de la marchandisation. Il apparaît comme le seul capable, à terme, d’atteindre l’objectif premier, à savoir le respect des droits humains, le premier étant de pouvoir choisir sa vie. Encore et toujours, nous continuerons à nous mobiliser collectivement, sur le terrain et auprès des pouvoirs publics, pour que cet idéal devienne autant que possible réalité.

Retrouvez le sommaire complet du numéro 204 

La lettre au Président de la République, au Premier Ministre, à la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes/hommes