La solitude du « client »

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La prostitution constitue et a toujours constitué un thème privilégié de la littérature.
Aussi, nous a-t-il paru important de mettre en lumière la façon dont elle est dépeinte par les romanciers.

Dans cette nouvelle rubrique, les citations littéraires sont mises en parallèle avec les témoignages actuels des personnes prostituées, comme des clients.

Une mise en perspective riche d’enseignements…

Terriblement seul


Cent ans de solitude, Gabriel Garcia Marquez, Éditions du Seuil, 1968, p54.

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Aureliano jeta quelque monnaie dans la tirelire que la matrone tenait entre ses jambes et pénétra dans la chambre, sans savoir ce qu’il allait y faire. La mulâtresse toute jeune, avec ses petits tétons de chienne, était étendue sur le lit. Avant Aureliano, dans la même nuit, soixante-trois hommes étaient passés par cette chambre… en dépit des efforts de la jeune fille, il se sentit de plus en plus indifférent, et terriblement seul.

Une question de solitude.

Témoignage de Marc, « client », Prostitution et Société n°139, p4 et 5.

Aller voir des prostituées c’est une question de souffrance et de solitude. Aussi bien du côté du client que de la prostituée. Une incommunicabilité.


Né en 1928, l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez a commencé à écrire Cent ans de solitude à l’âge de dix-sept ans. Ce récit qui a été publié en 1967 relate l’histoire de la famille Buendía, sur six générations, dans le village fictif de Macondo.