Last Girl First : la prostitution est raciste, sexiste et classiste !

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On le disait depuis longtemps, l’étude Last Girl First le démontre, faits et chiffres à l’appui : la prostitution est un système d’oppressions croisées, entre sexisme, racisme et oppression de classe.

Avec ce rapport de 200 pages rédigé par Hema Sibi de CAP international, plus de doute : la prostitution est bien un système à l’intersection de toutes les oppressions : racisme, sexisme, lutte des classes.

Non seulement la prostitution est une violence en soi, mais en plus, elle cible les populations les plus discriminées pour les destiner à subir cette violence. Le système patriarcal s’est trouvé à cet égard des alliés : l’impérialisme, le colonialisme et plus récemment l’ultralibéralisme. La colonisation à grande échelle qui s’est opérée pendant des siècles du fait des Européen·nes, a légué au monde un système de fonctionnement qui sert les réseaux de traite et d’exploitation sexuelle. Il a laissé des populations exsangues, leur culture détruite, et sans autre ressource que de condamner ses filles et femmes à subir la prostitution.

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En recueillant  à travers le monde, auprès d’expertes, de survivantes, en utilisant des dizaines d’études internationales, des données et des faits et en les réunissant en un seul document, CAP international donne un élan nouveau et un axe majeur de la compréhension du système de violences prostitutionnelles. Nous en faisons la synthèse dans ce dossier spécial, en attendant la sortie de l’étude en France très prochainement.

Télécharger l’intégralité du dossier PS213-Dossier-LGF

Pourquoi Last Girl First ? 

Last Girl FirstLe concept de « Last Girl First », mettre au premier rang la dernière fille, a été inventé par la militante, professeure et journaliste Ruchira Gupta qui travaille en Inde, via son ONG Apne Aap, auprès des victimes de prostitution.
Le concept s’inscrit dans les luttes anticolonialistes et post-coloniales. Il prend
racine dans la vision de la libération du « dernier né » : « l’Antyaj » de Ambedkar ou « l’Antiodaya » de Gandhi (l’élévation des personnes qui sont les dernières).
Privées des droits les plus basiques et d’opportunités, les « last girls » sont les filles et les femmes dont la société accepte qu’elles soient vendues et achetées dans le système prostitution. Il s’agit donc de les remettre en tête des priorités de nos politiques.

SOMMAIRE DU DOSSIER

-Les plus marginalisées surreprésentées dans la prostitution 

Où que notre regard se porte les observations sont les mêmes : dans chaque pays, région, continent, ce sont toujours les femmes et les filles issues des communautés déjà marginalisées qu’on retrouve de façon disproportionnée dans le système prostitueur.

A lire également : Le MDN présent en Inde pour le 2e congrès mondial contre l’exploitation sexuelle des femmes et des filles

-Des vulnérabilités transversales 

Le système de la prostitution exploite les inégalités sociales, économiques et culturelles. Tout autant qu’elles peuvent précipiter l’entrée en prostitution, ces inégalités provoquent aussi le maintien dans le système.

 

 

 

-Un système d’oppressions croisées : sexisme, racisme, colonialisme, classes sociales…

Au-delà de ces vulnérabilités, les principales formes de domination existantes dans l’humanité aggravent la situation des femmes dans la prostitution. La seconde partie de l’étude Last Girl First les analyse en détail.

A voir  également : notre « lundi de Prostitution et Société » où Hema Sibi présente l’étude Last Girl First