Un 8 mars qui exclut et agresse des survivantes de la prostitution et des abolitionnistes n’est pas féministe !

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Lors des manifestations autour du 8 mars, à Tours, Montpellier, Paris, des survivantes de la prostitution et des féministes abolitionnistes ont été empêchées de parler, intimidées, insultées, menacées, agressées, leurs pancartes arrachées. C’est inadmissible !

Mais au-delà du caractère éminemment choquant de cette réalité, comment est-ce possible, envisageable même, lors de manifestations rassemblant toutes les organisations visant à promouvoir les droits des femmes et à lutter contre les violences de genre ?

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Force est de constater que certaines associations baissent les bras devant la violence patriarcale en tolérant qu’au sein de nos rassemblements féministes, soit défendu, dans la violence verbale et physique, l’un des plus réactionnaires des « droits de l’homme », celui d’imposer un acte sexuel par la contrainte qu’est le pouvoir de l’argent. Nous refusons que des femmes victimes de violences soient interdites de parole.

Le système proxénète ne peut rêver mieux !

La lutte contre le système prostitueur est historiquement et nécessairement constitutive du combat pour les droits des femmes. Trois Françaises sur quatre pensent ainsi qu’acheter un acte sexuel ne devrait pas être possible dans une société prônant l’égalité entre les femmes et les hommes 

Nous rappelons qu’à l’ère #metoo, alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour demander « comment faire pour que les hommes cessent de violer », il est évident que l’une des réponses repose dans l’affirmation que la prostitution est une violence et dans l’application de la loi d’interdiction d’achat d’acte sexuel. Comme le rappelle la chercheuse états-unienne Melissa Farley, « partout où nous avons fait des recherches, les hommes qui achètent des femmes pour du sexe, étaient plus enclins à violer ou avaient déjà violé. Et disaient même que s’ils étaient sûrs de s’en tirer, ils le referaient ».

Les associations qui s’allient ou refusent de prendre position et laissent venir dans les manifs les formes les plus rétrogrades de défense du patriarcat et de la domination masculine portent une lourde responsabilité. Aujourd’hui, des survivantes qui dénoncent courageusement les violences qu’elles ont subies doivent être « exfiltrées » des manifestations pour éviter une agression massive…

Il est important que les organisatrices du rassemblement, dont plusieurs se sont interposées et sont venues en soutien aux survivantes, condamnent publiquement et fermement ces actes et ces positionnements. Et qu’un sursaut réveille les associations aveuglées par la stratégie de l’agresseur, que pourtant elles connaissent bien.

L’un des leviers pour combattre cette stratégie, c’est de rétablir la vérité.

Nous publions parallèlement en tribune le discours de Daria Khovanka, survivante de la prostitution, qui était présente hier à République, et n’a pas pu s’exprimer. 

A lire également, « l’abolitionnisme n’a jamais tué personne, le système prostitueur tue tous les jours »