Genevilliers : en première ligne sur la prostitution des mineures

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En novembre 2023 s’est tenue à Genevilliers une formation pilote à destination des professionnel·les des milieux socio-éducatifs. Une belle journée fruit d’un projet de longue haleine, mené par Katerina Fragkoulaki, éducatrice spécialisée, chargée de prévention et accompagnement au Mouvement du Nid des Hauts-de-Seine.

Elle explique comment ce partenariat a vu le jour : « nous avons eu depuis le départ des échanges constructifs avec la mairie, qui nous ont permis dans un premier temps de mettre en place des actions de prévention en milieu scolaire. Petit à petit, le Mouvement du Nid 92 est devenu un partenaire essentiel dans le cadre de la prévention de la prostitution des mineur·es ».

GenevilliersL’association a ensuite été intégrée au comité de pilotage ; à travers des réunions organisées par le commissariat de Genevilliers, avec toutes les professions qui peuvent être concernées. « Ces réunions ont fait émerger la demande de formations spécifiques sur la prostitution des mineures », explique Katerina.

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Depuis, les formations ont vu le jour. « Nous avons d’abord organisé une journée de colloque, puis une formation pour une centaine de participantes et participants ». Le 9 novembre, c’était une formation d’approfondissement des thèmes, « être victime », « prostituées et parents », prostitution des mineur·es, de l’identité virtuelle aux risques réels.

L’équipe du Mouvement du Nid a fait appel à des spécialistes et à des témoins, comme des survivantes : Ismail Roudmane, responsable prévention-sécurité, Jocelyn Lachance, maître de conférence en sociologie, Aissata Ba, sociologue, Catherine Grangeard, psychanalyste et Anne Darbes, survivante (et autrice de ces lignes).

« Pour nous, le témoignage et l’analyse sont deux aspects fondamentaux et complémentaires », explique encore Katerina. Pour mener à bien ces interventions, l’équipe du Mouvement du Nid 92 se rassemble pour décider de la thématique et des intervenants, puis discute avec la mairie des modalités pratiques. Une formule qui connait un succès certain. 

« Nous avons beaucoup de sollicitations pour ces interventions. Il y a un manque réel de formation professionnelle au niveau du social. Nous sommes également très satisfaits de pouvoir faire une formation aussi complète, dans laquelle si on met l’accent sur les victimes, on n’oublie pas que ces même victimes le sont aussi d’un système, et d’agresseurs ».

Katerina et toute l’équipe se félicitent de ce processus qui donne déjà envie à d’autres villes de travailler avec la délégation.

Anne Darbes