La prostitution, un métier comme quel autre ?

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Un métier comme quel autre ? Point sur les i

Année après année, la Belgique peaufine son projet en faveur de l’organisation du fameux « métier comme les autres ». Le pays, par la voix de son ministre de l’Emploi et de ceux de la Justice et de la Santé, s’enorgueillit en ce printemps 2024 de permettre aux « travailleuses du sexe » d’être engagées régulièrement par un « employeur » dans le cadre d’un contrat de travail. Cette loi, concoctée avec les seules associations pro-prostitution et sur le point d’être votée, serait censée leur offrir une couverture sociale et des garanties concernant le temps de travail, la rémunération et les normes de sécurité.

Les personnes prostituées auront, selon le texte, le droit de refuser un partenaire ; le droit de refuser des actes sexuels spécifiques ; le droit d’interrompre ou d’arrêter l’activité à tout moment et le droit d’imposer leurs propres conditions sexuelles ! Comme toujours, l’angélisme le dispute aux vœux pieux. Si les « clients » payent, c’est bien pour que les prostituées n’aient pas tous ces droits ; sans quoi ils ne se donneraient pas la peine de payer… Passons.

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Interrogeons-nous plutôt sur la nature de ce drôle de contrat de travail. Que l’on sache, un contrat de travail oblige la personne engagée à effectuer l’activité prévue dans ce contrat. Or, il est prévu ici qu’elle puisse refuser, et ce en gardant sa rémunération et son droit au chômage. Ce « privilège » est bien entendu hors de question pour toutes les autres travailleuses du pays.

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Un métier comme aucun autre

Les organisations d’employeurs se sont émues de la mise en place d’une telle exception. Selon eux, la prestation de travail, la rémunération et le lien de subordination constituent les trois éléments constitutifs du contrat de travail. « L’absence d’un seul de ces éléments suffit à exclure l’existence d’un tel contrat. L’article 7 du projet crée donc un précédent de nature à détricoter les principes fondamentaux du droit du travail », écrivent-ils.

Eternelle impasse. Contrat éternellement caduque. Comment garantir aux femmes prostituées des droits fondamentaux qui sont la négation même de l’activité qu’elles exercent, le plus souvent contre leur gré d’ailleurs ? La prostitution n’est pas un métier et ne le sera jamais. S’il en fallait encore une preuve, cette quadrature du contrat de travail en est une. De plus, un acte sexuel dans le cadre de l’emploi relève du harcèlement sexuel et ne peut que tomber sous le coup de la loi. Une exception en la matière reviendrait à détruire tout les acquis obtenus ces dernières décennies.

Vouloir faire de la prostitution un métier relève décidément de l’absurde. Il est certes légitime de chercher à protéger les personnes prostituées de tous les abus dont elles sont les victimes quotidiennes. Mais ce combat est vain. C’est l’activité même qui relève de l’abus. Donner à des hommes le pouvoir de payer, c’est leur ouvrir des droits sexuels sur les femmes qu’ils payent. Et tout le reste n’est que littérature et bons sentiments. Pour elles, interrompre l’activité à tout moment, c’est tout simplement prendre le risque d’être frappée ou même tuée.

Les généreuses promesses d’une telle loi ne pourront pas être tenues. En revanche, le proxénétisme y aura gagné de nouveaux galons. Et le pays aura le bonheur de tirer de substantielles taxes de la mise en location du sexe des femmes…
Pour en savoir plus, à lire sur le site de notre partenaire belge isala : le contrat de travail ne convainc pas les associations féministes

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