Beau succès pour notre formation « prostitution des mineur·es »

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La formation  « Prostitution des mineur·es » auprès de professionnel·les du secteur médico-social des 17 et 18 mars dernier a remporté un beau succès. Récit et témoignages.

Le 17 & 18 mars 2022 s’est tenu notre cycle de formation « prostitution des mineur·es » au siège de notre association à Clichy. Autour de la table étaient réuni·es pour ces 2 jours intensifs : assistant·es sociales, éducatrices·teurs spécialisé·es, chef·fes de service, référentes ASE, psychologues.

Nombreux·ses avaient fait le déplacement des quatre coins de la France : Soissons, Toulouse, le Havre, Strasbourg et l’Île-de-France. Les échanges ont été d’une grande richesse, qui s’explique en grande partie par l’ancrage sur le terrain de ces vingt professionnel·les avec une surreprésentation de participant·es travaillant en foyer de mineur·es. 

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Brillamment animée par Christine Blec et Caroline Rezé, respectivement cheffe de service en FAE (et militante et ancienne présidente du Mouvement du Nid) et assistante sociale en maison des adolescent·es dans le Haut-Rhin, la formation a permis de faire émerger la parole sur les difficultés rencontrées dans l’accompagnement, l’impuissance face à la violence subie dans la prostitution, la solitude parfois ressentie dans le travail d’accompagnement des jeunes. 

formation prostitution mineurs

La première journée était consacrée à définir la prostitution afin de déconstruire les représentations et les stéréotypes sur le sujet. D’emblée, le décor est planté, les participant.es définissent la prostitution comme « mode de survie », « violence », « contrainte », « esclavage », « marchandisation du corps », « abus », « emprise, « continuité d’une violence passée ». Les questions du choix, du « plus vieux métier du monde » se posent également, « comment peut-on en arriver là ? », « comment peut-on parler de choix ? ». 

La deuxième journée s’est concentrée sur le phénomène de la prostitution des mineur·es : que dit la loi, quelles pistes d’accompagnement, quels outils de prévention, comment aborder la question avec les jeunes. 

Les réactions à l’issue de la formation sont très positives : une remotivation et une meilleure appréhension de ce phénomène complexe. Objectifs remplis donc !

Nous relayons ici quelques paroles de participant.es lors du tour de table de fin : 

-« J’espère rencontrer d’autres personnes comme vous, ça m’a fait du bien d’entendre du positif de la part de personnes sur le terrain. »  

– « La formation m’a donné envie de revenir aux fondamentaux de l’accompagnement social : le sur-mesure. »

« J’avais de nombreux clichés sur la prostitution. sans cette formation je serai passée à côté de la violence vécue. » 

« Très émue de savoir que l’on est sur le même bateau. Cette formation est indispensable ! » 

« On se sent moins seul, pouvoir échanger donne envie de se remobiliser, on arrive impuissant et puis on repart en se disant que ça changera. » 

– « On n’a pas eu d’outils, mais c’est encore mieux, on a des bagages, des lunettes. » 

Et enfin un retour éclairant et encourageant de Virginie Riaud, cheffe de service, AVVEJ 92 :

  • Qu’est-ce qui vous a le plus marqué lors de cette formation ? 

C’est l’effet de transformation que cela a eu sur mes « représentations et clichés » concernant la prostitution en tant que système, ce à quoi je n’avais pas vraiment réfléchi avec profondeur. En somme cela m’a secouée et perturbée dans un sens positif et réflexif, avec une certaine culpabilité. Je suis une professionnelle du secteur social depuis presque 30 ans et j’ai des certitudes et des connaissances professionnelles mais finalement, j’ai encore bien des choses à interroger et à renforcer dans mes pratiques. Donc j’ai énormément appris et j’ai enrichi ma culture et mes connaissances personnelles sur les processus à l’œuvre autour de ce fléau, tant du point de vue individuel et humain, systémique et réglementaire.

  • Est-ce que la formation a changé votre perception de la prostitution des mineurs ? 

En fait c’est ma perception de la prostitution qui a davantage changé et finalement la prostitution des mineur·es fait partie d’un même système, j’étais plus scandalisée avant par la prostitution des mineur·es comme un phénomène récent et nouveau qui s’impose à nous en ce moment mais malheureusement c’est bien plus complexe et beaucoup de personnes prostituées adultes rencontrent le milieu dès l’adolescence. Le phénomène est compliqué actuellement du fait des réseaux sociaux. La souffrance des personnes est malheureusement identique et partagée.

  • est-ce que la formation aura un impact sur votre pratique professionnelle ? 

Bien entendu, pour moi c’est un vrai changement, que j’ai eu la chance de partager il me semble avec un collectif de personnes que je ne connaissais pas mais avec lesquelles il y a eu une véritable dynamique d’élaboration et de collaboration, grâce aussi aux excellentes formatrices qui nous ont emmené dans cette réflexion.

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