L’Onu et les associations appellent à adopter l’abolitionnisme

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Conseil des droits de l’homme de l’Onu : Le Mouvement du Nid salue la publication d’un rapport, dont le contenu est à la hauteur de l’enjeu : soutenir les victimes de prostitution par un modèle abolitionniste global. Une bonne nouvelle, à la veille du Congrès mondial de lutte contre le système de la prostitution de Montreal.

C’est un rapport en tout point exceptionnel pour la clarté de ses positions en conformité avec les lois internationales qui reconnaissent le système de la prostitution comme une violence et une atteinte à la dignité humaine et à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Télécharger le rapport complet Rapport ONU

Annonce

Reem Alsalem, rapporteuse du Conseil, appelle notamment à adopter le cadre juridique abolitionniste et ses cinq piliers : décriminalisation des femmes en situation de prostitution ; fourniture d’un soutien complet et de voies de sortie ; criminalisation de l’achat d’actes sexuels ; criminalisation de toutes les formes de proxénétisme ; et organisation de campagnes de sensibilisation en direction des acheteurs d’actes sexuels.

La terminologie utilisée, qui refuse les expressions “travail du sexe” et “travailleuses du sexe”, et l’appel à adopter une position abolitionniste reposent sur le constat que la prostitution « est un système de violence, qui réduit les femmes et les filles à l’état de marchandises. C’est un système d’inégalité et de discrimination fondé sur le sexe et sur d’autres motifs croisés, qui empêche les femmes de parvenir à l’égalité. »

L’engagement sans faille de la rapporteuse de l’Onu

Nous saluons par ailleurs l’engagement de la rapporteuse spéciale, qui a notamment inclus les contributions des associations de terrain françaises, dont celle du Mouvement du Nid.

Elle souligne que les « niveaux extrêmes de violence infligés aux femmes en situation de prostitution − qui ne seraient jamais acceptés dans d’autres contextes− sont couverts par une transaction financière, conçue pour matérialiser un soi-disant « consentement » qui ne peut s’exprimer librement dans le système prostitutionnel. Dans ce contexte, la notion même de « consentement » est instrumentalisée contre les femmes en situation de prostitution, le consentement étant extorqué par la coercition physique ou économique, la manipulation et la violence.

La publication de ce rapport, au moment où les associations abolitionnistes s’apprêtent à se retrouver à Montreal pour le congrès mondial de CAP international (coalition pour l’abolition de la prostitution, dont le Mouvement du Nid est membre fondateur) est de bon augure.Du 1er au 3 juin, plusieurs centaines d’activistes, d’associations et de survivantes vont se retrouver pour promouvoir l’abolitionnisme, une politique visant à instaurer une véritable égalité entre les femmes et les hommes, libérée des violences et de la marchandisation. 

Ce congrès mondial “L’égalité en action”, sera ouvert dès samedi à 13h30 par une marche de survivantes de toute la planète. Y participeront certaines des femmes qui ont conçu et réalisé le podcast La vie en rouge, soutenu par le Mouvement du Nid.

A lire également, l’article de Claudine Legardinier sur ce rapport