Avec les personnes prostituées, contre le « marché aux femmes »

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EDITORIAL Le Mouvement du Nid œuvre depuis 80 ans sur le terrain avec les personnes en situation de prostitution et contre un système qui les violente et les exploite. Mais, après bientôt un an de crise sanitaire qui affecte les victimes et profite aux exploiteurs, cette mission semble plus que jamais vitale et urgente.

L’année a été particulièrement difficile pour les personnes prostituées qui ont souffert, pour la plupart, d’être sans ressources, au risque de se retrouver à la rue. Parmi celles qui étaient en contact avec les associations, certaines ont eu besoin d’être mises à l’abri en urgence. Sur Internet, le proxénétisme a profité de la distance physique pour étendre encore ses filets, profitant de la vulnérabilité de nombreuses personnes isolées, tombées ans la précarité.

À l’aube de 2021, il est plus que jamais nécessaire de privilégier les actions envers les victimes. Totalement mobilisées sur le terrain, bénévoles, salarié·es, associations sont souvent épuisé·es. Le Mouvement du Nid interpelle les pouvoirs publics sans relâche pour que la loi d’avril 2016 et les moyens nécessaires à son application soient urgemment déployés.

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D’autre part, les militant·es doivent aussi faire face à des groupes pro-prostitution toujours plus puissants et mieux financés à travers le monde, très bien relayés dans les médias. Nous continuons à convaincre, et surtout à faire entendre la parole des survivantes de la prostitution qui, mieux que quiconque, peuvent dire librement ce qu’est réellement ce système.

D’autre part, les militant·es doivent aussi faire face à des groupes pro-prostitution toujours plus puissants et mieux financés à travers le monde, très bien relayés dans les médias. Nous continuons à convaincre, et surtout à faire entendre la parole des survi- vantes de la prostitution qui, mieux que quiconque, peuvent dire librement ce qu’est réellement ce système.

Enfin, nous faisons aussi face à de « nouveaux défis », à savoir un système d’exploitation qui se réinvente et se développe en permanence. Avec la prostitution filmée (pornographie), dont le mouvement féministe dévoile et combat les méfaits ; avec la prostitution pour hommes handicapés que certain·es tentent à nouveau de faire passer pour de « l’inclusion » ; enfin avec la GPA, ou maternité de substitution, qui fait l’objet ce trimestre de notre dossier. C’est, sous couvert d’altruisme, un véritable « marché aux femmes », avec l’exploitation de leur capacité reproductive, que certains veulent consacrer.

Les années se suivent, et les défis sont toujours plus nombreux. Mais, le rassemblement et la riposte de plus en plus internationale des féministes abolitionnistes devant ces dangers s’organisent pour faire face !

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