Fiona, 2/2 : Dans le milieu tout le monde se tait.
En onze mois, j’ai connu sept établissements. C’était en Belgique, à la frontière française. Il y a une route avec 45 bars, à vingt...
Roselyne, dix ans de trottoir, refuse les maisons closes
Après dix ans dans le "brouillard", Roselyne a raccroché. Depuis, elle a pris 20 kilos. Deux par année de brouillard sur le trottoir lillois. Avec ses mèches blondes toujours dans les yeux, cette jeune mère de deux enfants raconte sans haine comment elle a commencé à tapiner, à 18 ans, dans un bar de La Madeleine, dans la banlieue lilloise.
Myriam, transsexuelle : Je n’ai pas trouvé ça spécialement dur. Après tout ce que...
Née garçon, prostituée à 14 ans, Myriam a connu un parcours éprouvant : violences, discrimination, galère ... Aujourd'hui, à 23 ans, elle tente de rompre avec le passé et attend l'opération qui fera d'elle la femme qu'elle se sent être depuis l'enfance.
Julien : Je voudrais témoigner du fait qu’à cette époque, rien ne nous dissuadait...
Julien, ancien client, est engagé au Mouvement du Nid. Son parcours, peu commun, l’amène aujourd’hui à se prononcer en faveur d’une politique résolue en direction des hommes qui entretiennent le marché prostitutionnel.
Si ses choix n’engagent que lui, ils sont toutefois une excellente occasion d’ouvrir le débat.
Paolo : De l’argent, j’en avais pourtant.
Je ne retournerai dans la prostitution que dans le pire des cas. Le piège quand on bascule là-dedans, c’est de s’y enfermer ; d’être dépendant de l’argent qui tombe tout de suite.
Histoire de Noëlle
Laurence Noëlle est décédée fin octobre. Nous publions ici des extraits de son témoignage, recueillis par Claudine Legardinier et publié en 1987 dans le...
Clementina : Libre, mais pour faire quoi, pour aller où?
Clémentina a été reconnue victime de la traite des êtres humains. Enlevée dans son pays, l’Albanie, par un réseau, elle a tout subi : les pires violences des proxénètes et des « clients » puis l’indifférence d’une société qui n’a pas prévu les moyens nécessaires pour l’aider à se reconstruire. C’est le Mouvement du Nid qui a tout mis en œuvre pour lui permettre de croire encore en l’avenir ; avec du temps, de l’imagination et beaucoup d’amitié.
Spécial n°200 : 70 ans de témoignages
Depuis 1951, date de parution de la première revue du Mouvement du Nid, nous donnons une place essentielle à la parole des personnes prostituées : des femmes en majorité, mais aussi des hommes, qui ont en général fait la démarche de nous contacter, poussé.e.s par le désir profond de changer de vie, d'échapper à l'enfermement ; des personnes dont la force, la volonté, la résistance sont souvent étonnantes. Il était donc logique que nous ouvrions le numéro 200 de la revue, consacré entièrement au Mouvement du Nid, par des extraits de leurs témoignages.
Clara : Moi qui n’avais rien fait de mal, j’étais dans une prison, et...
Il me disait toujours : si j’ai quelqu'un à tuer, tu seras la première. Je me disais : ou je le tue et je vais en prison ou je me tue ; il n’y avait plus d’autre solution.
Marc : Une relation sexuelle, ce n’est pas anodin. On y met de soi.
26 ans,
de gauche, féministe, antiraciste, Marc fait partie des jeunes homosexuels rejetés par leur famille. D’origine asiatique, il dénonce le racisme du milieu des saunas où il a connu des années de drague mais aussi un épisode de prostitution. Aujourd’hui, il se déclare favorable à la pénalisation des « clients » et dit son écœurement face aux discours de légitimation de la prostitution qui dominent dans le milieu LGBT.








