Témoignages

Qui peut le mieux exprimer les réalités du système prostitutionnel, sinon les personnes prostituées elles-mêmes ? Si vous souhaitez témoigner, contactez-nous !

Sonia : Je garde en moi une mutilation cachée.

Trente ans ont passé depuis que Sonia a fait l’expérience de la prostitution. Aujourd’hui, elle tente d’expliciter ce qui lui apparaît comme un marquage, physique et symbolique, une humiliation, un goùt de néant.

Marion : J’ai le sentiment qu’on me demande d’y retourner.

Marion ne prononce jamais le mot de "prostitution", jamais le nom du lieu où elle a été prostituée, un bois en bord de route. Elle décrit les enfermements successifs : l’isolement, le silence, les violences. L’obligation de se battre, jusqu’à l’épuisement. Pendant, et pire encore, après. Parce que tout - et tous - se liguent pour entraver son espoir d'envisager un projet professionnel et une autre vie.

« Aujourd’hui, je marche la tête haute »

Après avoir vécu dans la terreur, Danielle a quitté le Congo pour la France en 2012. Seule, sans ressources, elle y a subi la...

Fiona, 1/2 : The bloke pays and does whatever he wants

Testimony, (first part). Fiona is 22 years old and has a whole life to construct. After one year of « imprisonment » in Belgian champagne bars, at the end of her tether in all respects, she finally denounced her procurer, who was none other than her lover. Throughout her account of the facts she never once pronounced his name... « He » [[Fiona never once referred to him by his name .]] is now in prison.

Alice : C’est mon père qui a créé la prostituée que je suis devenue.

Dotée d’une rage de pittbull, Alice a décidé de mettre un point final à un épisode de sa vie qu’elle assimile aujourd’hui à une entreprise de démolition. Elle témoigne, haut et fort, pour dénoncer le système. Et épingle tous les manques qui l’ont si longtemps abandonnée à son sort. Cinglant.

Monika : Les clients, on leur dit les choses qu’ils ont envie d’entendre

Monika est française. Elle a été placée en foyer à l'âge de 14 ans et a fait une tentative de suicide. Endettée, elle s'est liée d'amitié avec une voisine, Mona, qui lui fait rencontrer la gérante d'un bar.

Anne : Sortir des sables mouvants

Nous avons reçu ce témoignage par courriel. Nous le livrons tel qu’il nous a été transmis, avec la promesse faite à son auteure d’un anonymat absolu.

Caroline : Ils utilisent les techniques des gourous : c’est comme une secte

En 2008, la délégation du Mouvement du Nid du Gard a accompagné une jeune femme prostituée dans un réseau sado-masochiste. Ce soutien a été déterminant puisqu’il lui a donné le courage de porter plainte contre son proxénète. Un procès a eu lieu en octobre 2011, qui a mis en lumière les pratiques terrifiantes du milieu du « BDSM »[[Bondage, Discipline, Domination, Soumission, Sado-masochisme.]]. Caroline [[Prénom d'emprunt.]], l’une des victimes, nous a raconté son histoire.

Rosen : Je me suis autodétruite. Si j’avais continué, je serais morte

Rosen a longtemps défendu l’idée d’un statut et cru en la nécessité de rouvrir des maisons closes. Aujourd’hui, elle se bat aux côtés du Mouvement du Nid pour la pénalisation des « clients ». Elle raconte son long cheminement et revient sur l’arme de destruction qu'est la prostitution, en particulier sur le plan de la santé.

Julie: Une vie de sans-papiers dans mon propre pays.

Julie était secrétaire. Une séparation, un surendettement, deux enfants à élever… Elle est devenue « escorte » sur Internet. Elle dit son irrépressible envie de témoigner, « mais à visage caché, bien obligée ». Condamnée à la clandestinité et à une solitude sans nom, elle décrit l’indifférence de sa famille et des hommes qui l’exploitent, et l’abandon des institutions et de la société. Mieux que tous les discours, son histoire montre un processus d’enfermement dont il est bien difficile de s’extraire.
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