Des « clients » d’un garçon prostitué mineur condamnés à un an de prison : une première !

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Le Mouvement du Nid, qui était partie civile au procès, se félicite du signal fort envoyé par le tribunal de Bobigny, qui a condamné mercredi 17 juin deux « clients » d’un garçon prostitué mineur sur le site PlaneteRomeo à un an de prison avec sursis, indiquant que l’impunité n’est plus de mise pour les hommes qui achètent des actes sexuels.

C’est en effet une des premières fois que des « clients » de prostitué·es mineur·es de plus de 15 ans sont ainsi poursuivis. Alors que la victime, un jeune homme, se faisait passer pour majeur, le tribunal a considéré que les « clients » ne pouvaient ignorer sa minorité et en tout état de cause auraient dû s’abstenir en cas du moindre doute compte tenu de son apparence physique juvénile. Ce qui a permis qu’ils ne soient pas condamnés pour la seule contravention d’achat d’actes sexuels mais bien pour le délit de recours à la prostitution de mineur·es, passible jusqu’à 5 ans de prison. Les deux hommes ont d’ailleurs reconnu qu’ils savaient que des mineures étaient prostués sur ce site. En raison de leur casier judiciaire vierge, le tribunal a retenu la prison avec sursis.

Par ailleurs, cette affaire met en évidence le rôle de sites internet dits de « rencontre » qui, sont notoirement connus pour abriter des annonces de prostitution. C’était le cas de ce site, Planete Romeo, selon le parquet de Bobigny.

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Il est inadmissible que de tels sites continuent de tirer profit de la prostitution d’autrui. Selon la loi, ils devraient être poursuivis pour proxénétisme en ligne. Cette affaire, dont les faits se sont déroulés en 2018, démontre toutefois que leurs activités sont connues de la justice qui désormais, semble prête à prendre en compte la responsabilité évidente de leurs clients dans la prostitution d’autrui.

Pour rappel, les « clients » qui recourent à la prostitution de mineur·es encourent jusqu’à 5 ans de prison. Les sites qui tirent profit de la mise en relation, eux, sont passibles de l’infraction de proxénétisme aggravé, passible jusqu’à 15 ans de prison.