À l’approche de l’examen de la proposition de loi intégrale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, le Mouvement du Nid, membre de la coalition féministe et enfantiste, réaffirme son soutien à ce texte qui porte enfin une approche globale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, à la hauteur des stratégies des agresseurs.
L’article 25, consacré au proxénétisme en ligne, suscite particulièrement le débat.
Cet article prévoit de créer une infraction de proxénétisme en ligne pour permettre de mieux lutter contre l’explosion de la prostitution en ligne, et notamment contre l’exploitation prostitutionnelle des enfants.
Certains dénoncent pourtant cet article au nom de la liberté des « créatrices de contenu ». Face à cela, le Mouvement du Nid souligne l’incohérence à vouloir lutter contre les violences envers les enfants, de s’alarmer de la progression de la prostitution des mineur·es tout en refusant toute mesure qui permette de lutter contre les conditions évidentes qui les facilitent.
Cet argument nous rappelle d’ailleurs ceux qui, au nom de la liberté d’entreprendre, cherchent à remettre en cause l’existence même de l’infraction de proxénétisme dans le droit, au prétexte des droits des personnes concernées, alors qu’en réalité cela ne protège que ceux qui bénéficient du statu quo. Des requêtes en ce sens ont pourtant été rejetées tant par le Conseil constitutionnel que par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH).
Le véritable enjeu est donc qu’Internet ne peut rester un espace d’impunité pour ceux qui organisent et tirent profit de l’exploitation prostitutionnelle des plus vulnérables. Les proxénètes y développent de nouvelles stratégies pour recruter, contrôler et exploiter, avec des mineur-es en immense majorité des filles, toujours plus jeunes, parmi les victimes.
Cela ne signifie pas que l’article 25 ne puisse être amélioré ou précisé. Le Mouvement du Nid, auditionné dans le cadre des travaux préparatoires, a d’ailleurs formulé des propositions en ce sens, pour à la fois prendre en compte le respect de la liberté de création et ne pas la confondre avec le proxénétisme en ligne.
Notre objectif est simple : protéger les enfants des proxénètes en ligne, tout en promouvant une sexualité libre et réciproque, sans violence ni contrainte. C’est aussi créer pour l’avenir une société d’égalité dans laquelle toute personne, mineure ou adulte, puisse vivre sa sexualité librement et avoir le droit de ne pas être prostituée.
Pour aller plus loin sur l’article 25 et la loi intégrale
Lire le témoignage de Romane
Ecouter Lexie dans La Vie en Rouge : Ce petit chemin qui se dessine



