Procès de Proxénétisme BDSM à Paris : la reconnaissance d’une forme de prostitution

Le Mouvement du Nid se félicite du que tous les mis en cause du procès de proxénétisme BDSM qui s’est déroulé cette semaine à Paris et dans lequel l’association était partie civile aient été condamnés. « Nous espérons que la visibilité de ce procès permettra à d’autres victimes de ces pratiques de prostitution BDSM de se signaler. En effet, le système prostitueur a de multiples visages », souligne Claire Quidet, porte-parole de l’association, qui rappelle que, « l’existence d’un contrat ne peut en aucun cas valoir consentement sexuel». Celui-ci doit rester libre, et révocable à tout moment.

Le principal proxénète mis en cause a été condamné à 6 ans de prison, son frère à 3 ans, et un troisième homme poursuivi pour proxénétisme immobilier à 10 mois avec sursis, avec des interdictions de contacts avec les victimes. Ils sont par ailleurs condamnés à l’obligation d’indemniser les victimes.

Le tribunal a ainsi reconnu que, contrairement à ce qu’une complaisance sexiste laisse entendre, trop souvent le BDSM n’est pas simplement une pratique entre adultes consentants mais bien un lieu d’exercice de violences sexuelles prostitutionnelles majeures.

Beaucoup des femmes qui ont témoigné avaient été attirées par leur proxénète qui leur disait que ce n’était pas de la prostitution et elles se sentaient coupables de ce qui leur était arrivé. Le procès a permis de comprendre qu’elles ont été victimes de violences d’une gravité extrême. Ainsi, l’une d’elles a raconté : « J’ai été chassée, formatée , détruite. Il vous enjambe et passe à la suivante, c’est un sérial proxénète », à propos du principal mis en cause.

Lorraine Questiaux, l’avocate du Mouvement du Nid, souligne que le « procès a été marqué par le témoignage de trois victimes qui ont fait preuve d’un courage extraordinaire et qui ont relaté avec force la réalité de ce qu’est la prostitution dans le milieu BDSM. Même si elles n’ont pas toujours subi de pénétration sexuelle, elles étaient soumises par contrainte, coercition, soumission chimique, et ont subi des violences extrêmes répétées. Elles étaient également contraintes de répondre à toutes les demandes dégradantes et déshumanisantes des « clients » prostitueurs, qui étaient tous des hommes avec de grands moyens financiers ».

Nous regrettons toutefois qu’une des victimes ayant dénoncé des viols devant la police, et qui est venue relater l’enfer vécu, n’ait pas pu voir ces faits jugés.

Communiqué de presse / Clichy, le 4 septembre 2026