Mobilisation abolitionniste historique à Paris pour les 10 ans de la loi de 2016 : pendant 3 jours, les 12, 13 et 14 avril, des survivantes, des activistes et des personnalités politiques se sont mobilisées pour réaffirmer la nécessité de généraliser le modèle abolitionniste partout. En France, en appliquant mieux et plus la loi, et dans le monde, en adoptant ce modèle qui est le seul à dépénaliser les victimes du système prostitutionnel.
Une marche abolitionniste derrière les survivantes de la violence prostitutionnelle
Dimanche 12 avril, plus de 500 personnes ont marché du Panthéon aux Invalides en soutien aux survivantes et à toutes les victimes du système prostitutionnel. Des slogans : « Féministe et abolitionniste », « client : violeur », « solidarité avec les survivantes du monde entier », et des pancartes : « Client », homme normal comme Pelicot, « Elle a besoin d’argent, pas de ta b*** », « Ecoutons les survivantes », « Ce sont les hommes proxénètes prostitueurs qui tuent violent et agressent pas la loi », « Stop exploitation, abolition », « Ninguna Mujer nace para puta », « Buyin me = Raping me », et tant d’autres ont émaillé cette belle marche historique, derrière plus de 4O survivantes, françaises de La Vie en Rouge mais aussi Etats-uniennes, Canadienne, Espagnoles, Coréennes, Colombiennes, belges, suisses », elles étaient venues du monde entier.
Avant le départ de la marche, des survivantes ont fait une performance en souvenir et lien avec les femmes qui n’ont pas survécu à la prostitution, à voir ci-dessous :
Un grand colloque à l’Assemblée nationale
Lundi 13 avril, jour des 10 ans de la promulgation de la loi visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées, un colloque a réuni plus de 350 personnes à l’Assemblée nationale. Avec des personnalités politiques ayant oeuvré pour la loi, de Maud Olivier et Catherine Coutelle ses rapporteures aux anciennes ministres de l’Egalité Najat Vallaud-Belkacem ou Laurence Rossignol, en passant par Guy Geoffroy ou la ministre de l’égalité de Suède, Marina Larsson ; des représentantes d’associations françaises (FNSF, Amicale du Nid, Mouvement du Nid, Fondation Scelles, CNDF) et étrangères, membres de CAP international. Toutes ont exprimé en quoi cette loi était une avancée historique dans la lutte contre les violences masculines contre les femmes, et un progrès. Tout en soulignant les immenses efforts qui restent à faire pour qu’elle soit pleinement appliquée.
Cinq survivantes de la prostitution se sont également exprimées et ont été acclamées par le public.
En premier lieu, Rosen Hicher, dont la marche de 760 kilomètres pour l’abolition en 2014 est encore dans toutes les mémoires. 10 ans après le vote de la loi, elle continue d’oeuvrer pour l’abolition et vient de publier avec la Fondation Scelles « Maintenant vous savez », sur les mensonges des prostitueurs, aux Editions Libre.
Hope, survivante congolaise qui a été la première femme à obtenir un parcours de sortie de prostitution grâce à la loi, a parlé de la façon dont cela a changé sa vie. Elle a aujourd’hui un CDI, fait des formations, a un logement et vit de façon paisible avec sa fille. Elle a appelé à ce que « le parcours de sortie aille jusqu’au bout du mond ». (vous pouvez également l’écouter dans La Vie en Rouge)
L’après-midi, Amelia Tiganus, survivante, activiste et autrice espagnole et Claudia Quintero, survivante, activiste et chercheuse colombienne ont pu s’exprimer, aux côtés d’autres représentantes étrangères. Toutes, de pays prohibitionnistes ou règlementaristes, portent le même message : seule l’abolition peut, à terme, aider les victimes du système prostitutionnel.
Enin, une dernière table-ronde a donné la parole à deux survivantes : Noélie, qui fait partie des femmes qui ont eu le courage de dénoncer l’industrie porno-prostitutionnelle, a prononcé un discours puissant sur les tortures systématiques vécues par les femmes dans la prostitution filmée.
Enfin, Ambre, survivante, artiste et philosophe, a prononcé un discours puissant pour porter le regard vers les 10 ans à venir, en livran sa vision d’une société sans prostitution, donc abolitionniste. Pour elle, le viol prostitutionnel doit être maintenant reconnu comme un viol et pénalisé comme tel, plus par une amende, qu’elle juge « anecdotique ».
Et de conclure : « je dis en tant que survivante redonnons à chaque victime de la porno-prostitution sa flamme d’humanité et abolissons partout la porno prostitution ».
Pour lire le texte en entier dès lundi matin -> Abolissons partout la porno-prostitution
et pour l’écouter en bonus de La Vie en Rouge
Le 14 avril enfin, CAP international réunissait à la Cité Audacieuse un large public pour écouter 5 associations membres de Mongolie, Inde, Népal et Colombie qui ont pu parler de leur travail de terrain auprès des femmes en situation de prostitution. Toutes ont dégagé une grande force et une grande humanité, avec les personnes prostituées, contre le système prostitueur.



