Catherine Blaya, présidente de l’Observatoire international des violences à l’école

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Les adolescent·es victimes de cyberviolence ont honte, il faut transmettre le message qu’ils/elles ne sont pas coupables ; c’est du sens commun mais pas si évident que cela !

Quels sont les indicateurs qui peuvent montrer q’un·e adolescent·e est victime de cyberviolence ?

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L’adolescent·e se renferme, peut avoir des difficultés à se rendre dans l’établissement scolaire en invoquant des maux divers et variés : maux de tête, de ventre, etc. On constate également de l’irascibilité, des changements d’humeur de façon soudaine alors que tout allait bien avant. Les victimes peuvent également prendre plus de précautions pour s’enfermer dans leur chambre, sursauter quand on s’approche et cacher vivement leur écran de téléphone portable ou d’ordinateur.

Comment aborder le problème avec un·e adolescent·e?

Le plus important est de maintenir le dialogue. Il faut essayer de discuter des activités en ligne, et surtout bien dédramatiser le fait d’être une victime. Les adolescentEs victimes de cyberviolence ont honte, il faut transmettre le message qu’ils/elles ne sont pas coupables ; c’est du sens commun mais pas si évident que cela ! Les adolescent·es doivent comprendre qu’ils peuvent demander de l’aide pour que la situation n’empire pas. Il faut également responsabiliser les témoins : signaler à un adulte, ne pas laisser faire ce genre de violences.

Quelles sont les premières mesures de protection à prendre ?

Les adultes doivent faire attention à écouter sans blâmer pour ne pas couper le dialogue et donc les possibilités d’accompagnement et d’intervention. Du côté des adolescentEs, il ne faut surtout pas répondre sur le même ton, sinon c’est l’escalade. S’il y a un modérateur sur la plateforme, il faut signaler les incidents. Faire des captures d’écran permet aussi d’accumuler des preuves. Même si on sait que pour les pré-ados, échanger son mot de passe est un signe d’amitié, il faut le changer régulièrement et ne pas le donner à n’importe qui. Enfin, il ne faut pas hésiter à porter plainte (plutôt qu’une main courante), surtout s’il y a atteinte à la moralité et à l’intégrité psychologique
de la victime.