Prévention jeunes au Mouvement du Nid en 2025 : sensibiliser les jeunes générations

17 097 jeunes élèves sensibilisées, 77 établissements visités. La prévention de terrain au Mouvement du Nid est une activité primordiale pour le Mouvement du Nid dans son volet « lutter contre système prostitueur ».

Agréé par l’Éducation nationale depuis 2012, actif dans la prévention depuis 30 ans, le Mouvement du Nid est fortement sollicité dans ce domaine, en lien avec la prise de conscience croissante vis-à-vis de la prostitution des mineur·es. En 2025, nous avons eu à cœur d’élargir les publics rencontrés, de faire essaimer notre démarche de prévention et de mesurer les effets de nos interventions grâce à la réalisation d’une étude d’impact confiée à un cabinet indépendant.

Notre démarche de prévention auprès des jeunes

Association d’éducation populaire, notre pédagogie repose sur le développement de compétences psycho-sociales (repérer les risques, faire face aux difficultés, savoir demander de l’aide…) qui comprend un travail sur l’image de soi et sur sa relation aux autres, la capacité à s’exprimer et écouter ; le rôle prépondérant de l’égalité et la non-violence dans une relation (cet axe permet d’aborder la prostitution comme une violence et une entrave à l’égalité

femmes-hommes) ; la remise en contexte de la prostitution dans l’ensemble des violences contre les femmes (abordant les stéréotypes et la socialisation hétérosexiste, le rôle des inégalités sociales et économiques dans les violences sexuelles et le système prostitueur).

Le Mouvement du Nid favorise la prise de parole des jeunes lors de l’intervention, créant un espace de paroles pour échanger sur les questions de l’égalité, des relations affectives, co-construisant avec les jeunes des références positives sur la sexualité et l’exigence de non-violence et de réciprocité des désirs ; à l’issue de ce préalable, les violences de la prostitution apparaissent comme évidentes.

A voir également : l’école face aux dangers des discours masculinistes, table-ronde au Sénat avec le Mouvement du Nid

Grâce au travail collectif d’un
groupe rassemblant des animatrices de prévention, bénévoles
et salarié·es, coordonné par une
cheffe de projet du siège, le Mouvement du Nid crée des supports de
sensibilisation et prévention jeune public. Brochures, vidéos, site de sensibilisation Y a quoi dans ma banane ?, ces supports sont tous emblématiques de notre démarche positive et ancrée dans la co-construction des savoirs avec les jeunes.
La plus grande partie de nos interventions se déroulent au collège et au lycée, dans le cadre des séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (EVARS).

Cependant, d’année en année, nous diversifions nos publics. 2025 ne fait pas exception, puisque nos délégations du Doubs, de l’Essonne, du Maine-et-Loire, de la Martinique, de la Moselle, du Nord, de Seine-Maritime, du Var… sont venues à la rencontre d’enfants et de jeunes adultes dans des établissements de l’Aide Sociale à l’Enfance, de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, dans des Missions locales, des CFA…

Nos délégations départementales fortement actives et mobilisées pour la prévention des jeunes

Pour mieux toucher le jeune public et son entourage (personnels d’établissements mais aussi parents) nos équipes locales ont déployé une activité intense et créative.

En Martinique, la délégation a proposé avec la série pédagogique Si Mwen Té Sav (Maintenant tu sais) lancée en novembre 2025 un outil innovant, ancré dans les réalités locales, pour déconstruire les représentations et renforcer la prévention. La série s’accompagne d’un jeu pédagogique pour dialoguer et réfléchir aux situations et contextes pouvant conduire à des comportements prostitutionnels. L’équipe l’utilise lors de ses interventions dans les établissements scolaires ou établissements accueillant des jeunes pour susciter les échanges.

Cette action, selon la délégation, prend véritablement en compte « les spécificités des territoires ultramarins, où les dynamiques d’exploitation, les inégalités structurelles, l’isolement géographique et les héritages historiques imposent des réponses construites au plus près des réalités vécues ».

« Intervention très utile car j’ai pris du recul sur ma vie et j’ai trouvé ça très intéressant. »

« On peut parler des sujets que l’on a pas trop envie de parler avec ses parents. »

« Parce que c’est important de mettre de l’égalité entre les hommes et les femmes. »

« On a pu dire ce qu’on pense, sans gêne, ça ouvre et c’est bien de parler de ça. »

« J’ai trouvé ça très intéressant car on a pu chacun donner notre avis. »

Dans les Hauts-de-France, la délégation est intervenue auprès de jeunes réunis dans le cadre d’une mesure de réparation pénale. Ces mesures ordonnées par le Parquet des mineures sont alternatives aux poursuites et efficaces contre la récidive ; elles évitent les effets désastreux d’une incarcération tout en maintenant une sanction. Il s’agit d’un travail éducatif auprès des jeunes délinquants, dans lequel les associations comme le Mouvement du Nid peuvent prendre une part essentielle.

En 2025, la délégation est intervenue à Béthune, Lille et Arras, à raison de deux heures par séance. Elle crée un cadre propice à l’échange grâce à des supports originaux (photo langage avec l’expo « Quitte ta violence pour te battre », Jeu de l’oie pour réfléchir à ce qui est autorisé ou non) : « Cette mise en discussion permet progressivement une réflexion sur les notions de violence, de responsabilité et de cadre légal », explique l’équipe, et favorise l’expression des expériences et des ressentis, tout en encourageant le respect d’autrui. Certains jeunes se livrent à cette occasion sur les maltraitances subies, l’addiction à l’alcool, des parcours familiaux et personnels difficiles (maltraitances, viol, inceste)…

Ils réfléchissent sur les causes et les conséquences de la violence, tant pour les victimes que pour eux-mêmes, une étape indispensable pour faire évoluer leurs comportements.
Dans le Var, la délégation rencontre des jeunes dans le cadre de la protection judiciaire de la jeunesse, et travaille la prévention des violences, les relations femmes-hommes, les réalités de la prostitution. « L’objectif est de faire prendre conscience au jeune de sa responsabilité face aux faits commis et de favoriser une modification des comportements et des pratiques», précise la délégation, qui agit aussi pour prévenir, auprès de ces
jeunes hommes, l’achat d’actes sexuels.

En Seine-Maritime, notre délégation a rejoint le Contrat de Réussite Éducative Départemental, destiné aux collégien·nes, qui propose des parcours « propices à développer la curiosité, l’ouverture d’esprit et les connaissances ». Le parti pris est de favoriser les échanges et la réflexion collective, travailler l’esprit critique et l’estime personnelle, afin d’aider les jeunes futur·es citoyen·nes à se protéger des discriminations et des violences liées au genre et connaître des ressources en cas de besoin.

prévention jeunes essonne bus

« Il s’agit de mettre en place un partenariat avec les établissements scolaires et de remettre la parole des élèves au centre des discussions », explique la délégation, « nous constatons combien il est important de leur (re) donner le pouvoir de réfléchir et d’élaborer ».
La délégation de la Haute-Garonne a poursuivi en 2025 les représentations de sa pièce de théâtre forum Escorte- moi, créée en 2023 avec la compagnie l’École Citoyenne. Ce spectacle interactif fait émerger la parole et la réflexion autour des thèmes des violences sexistes et sexuelles, des relations d’emprise et des risques prostitutionnels chez les mineur·es.

Le théâtre forum offre au public de se mettre à la place du personnage en difficulté dans la scène en la rejouant, afin de trouver des solutions collectivement. Escorte-moi met en lumière le continuum des violences qui peut amener les jeunes à la prostitution. Les représentations ont lieu devant le jeune public, mais aussi devant des personnels de l’action socio-éducative, à des fins de formation.

L’équipe toulousaine s’adresse aussi aux parents, via un cycle de visioconférences créé à leur intention en coopération avec l’équipe éducative d’un collège. Autour des thèmes des réseaux sociaux, de la pornographie, de la communication entre parents et adolescent·es autour de la sexualité, ces conférences ont offert l’occasion d’entamer une communication rassurante et instructive avec les parents, d’établir un lien de confiance qui consolide l’impact de nos interventions. Le théâtre forum a aussi été un outil de prédilection pour la délégation du Maine-et-Loire, avec la pièce Demain on change quoi.

Plusieurs délégations proposent des interventions de prévention construites autour de l’adaptation d’un procès d’assises fictif mettant en scène une affaire de prostitution de mineur·e et l’inculpation d’un proxénète et d’un « client ». Création originale de la délégation des Hauts-de-Seine avec la compagnie Polymnia, spécialiste de la mise en œuvre de débats publics citoyens, ce « procès » dure une cinquantaine de minutes. Des intervenant·es du Mouvement du Nid interviennent à l’issue de la représentation et lors de séances en amont ou en aval pour permettre aux élèves d’avoir des clés de compréhension sur les violences, la marchandisation des corps, l’exploitation…

À la suite des représentations, les élèves réunis en groupes de parole ont discuté des parcours des victimes et de leurs vulnérabilités, des pièges tendus par les agresseurs, des dangers liés aux réseaux sociaux.

Ainsi, à Orly, suite à une représentation du procès fictif et d’interventions de la délégation du Val-de-Marne, une enseignante nous a fait ces observations : « Cette expérience, à la fois immersive et pédagogique, rend concrètes des notions parfois abstraites. Les élèves ont été très réactifs et investis. Le sujet a ouvert un débat sur la responsabilité et l’équité et a servi de support pour travailler en EMC sur les valeurs de justice, d’égalité et de fraternité, et pour stimuler le sens critique et la réflexion citoyenne des élèves ».

Les réseaux sociaux sont aussi travaillés par la délégation du Doubs, dans le cadre de leurs interventions notamment lors des ateliers avec la Mission Locale de Besançon, où l’équipe intervient dans un module thématique construit avec les associations CICS et Tinternet. Avec les jeunes de la Mission locale et à celles et ceux de l’École de la deuxième chance, la délégation a proposé une intervention de pré- vention sous la forme d’un « escape game pédagogique ».

La délégation de l’Essonne joue la carte de la mobilité au volant d’un camping-car jaune citron baptisé Tout SEX- plique : un lieu d’échange et d’accueil qui sillonne le département pour sensibiliser les jeunes, en alternance avec d’autres associations, à la santé sexuelle dans sa globalité. « Stationné dans la cour des établissements et clairement identifié, ce dispositif permet d’aller directement à la rencontre des élèves », se réjouit la délégation. «

On engage facilement la discussion avec les jeunes autour de sujets sensibles : relations affectives, consentement, violences sexistes et sexuelles, influence de la pornographie ou encore risques liés aux réseaux sociaux… » En 2025, grâce à un partenariat avec l’assistante sociale et les infirmières scolaires d’un lycée de Corbeil-Essonne, le dispositif s’est étendu à un espace d’échange régulier : une intervention de 2h30, animée par deux bénévoles, est organisée chaque 1er mardi du mois pendant la pause déjeuner des élèves.

Retrouvez la campagne « Si Mwen Te Sav » ci-dessous