Eudoxie : Tous les jours, je suis abattue…

Nous avons reçu ce texte de la part d'une jeune femme qui fut accompagnée par la délégation du Mouvement du Nid[Le Mouvement du Nid est l'éditeur de cette revue et de ce présent site. [Cliquez ici pour en savoir plus.]] du Nord-Pas-de-Calais, après avoir été prostituée dans des bordels de Belgique.
Aujourd'hui, elle prépare un livre, et nous sommes très fiers de publier cette tribune intitulée : "De l'abattage des animaux à l'abattage des putes, il n'y a qu'un pas. (Ou pourquoi une prostituée a fait le choix de devenir végétarienne)".

Marc : Une relation sexuelle, ce n’est pas anodin. On y met de soi.

26 ans, de gauche, féministe, antiraciste, Marc fait partie des jeunes homosexuels rejetés par leur famille. D’origine asiatique, il dénonce le racisme du milieu des saunas où il a connu des années de drague mais aussi un épisode de prostitution. Aujourd’hui, il se déclare favorable à la pénalisation des « clients » et dit son écœurement face aux discours de légitimation de la prostitution qui dominent dans le milieu LGBT.

Valérie : La prostitution, une dévalorisation permanente, où répondre au désir de l’autre est...

Valérie nous a confié avec humour et amertume onze ans de prostitution. Son témoignage n'a pas valeur de thèse sur cette activité, qu'elle a exercée comme d'autres, à la marge, en croyant être une dilettante, loin des stéréotypes de la rue ou du bordel.

Carole : Toutes les violences subies polluent ma vie.

Après avoir passé trois ans dans la prostitution et les bars à champagne de Belgique, Carole est hantée par ce qu’elle a vécu. Loin des images branchées et libertaires des médias, elle décrit un système fondé sur la violence, le racket, le racisme, la dépossession de soi. Son sentiment ? Celui d’avoir passé ces années enfermée dans une cave.

Sonia : Je garde en moi une mutilation cachée.

Trente ans ont passé depuis que Sonia a fait l’expérience de la prostitution. Aujourd’hui, elle tente d’expliciter ce qui lui apparaît comme un marquage, physique et symbolique, une humiliation, un goùt de néant.

Laurence : Renaître de ses hontes.

Merci à Laurence pour cet entretien accordé à la parution de son livre, Renaître de ses hontes.

Fiona : un témoignage lu par la comédienne Éva Darlan

Le 13 avril 2013, 55 associations, des personnalités et 500 participantEs s'unissent à Paris pour revendiquer l'abolition citoyenne du système prostitueur. Au cours de la journée, la comédienne Éva Darlan a donné la lecture du témoignage de Fiona, paru dans Prostitution et Société.

Marion : J’ai le sentiment qu’on me demande d’y retourner.

Marion ne prononce jamais le mot de "prostitution", jamais le nom du lieu où elle a été prostituée, un bois en bord de route. Elle décrit les enfermements successifs : l’isolement, le silence, les violences. L’obligation de se battre, jusqu’à l’épuisement. Pendant, et pire encore, après. Parce que tout - et tous - se liguent pour entraver son espoir d'envisager un projet professionnel et une autre vie.

Rosen : Je me suis autodétruite. Si j’avais continué, je serais morte

Rosen a longtemps défendu l’idée d’un statut et cru en la nécessité de rouvrir des maisons closes. Aujourd’hui, elle se bat aux côtés du Mouvement du Nid pour la pénalisation des « clients ». Elle raconte son long cheminement et revient sur l’arme de destruction qu'est la prostitution, en particulier sur le plan de la santé.

Julie: Une vie de sans-papiers dans mon propre pays.

Julie était secrétaire. Une séparation, un surendettement, deux enfants à élever… Elle est devenue « escorte » sur Internet. Elle dit son irrépressible envie de témoigner, « mais à visage caché, bien obligée ». Condamnée à la clandestinité et à une solitude sans nom, elle décrit l’indifférence de sa famille et des hommes qui l’exploitent, et l’abandon des institutions et de la société. Mieux que tous les discours, son histoire montre un processus d’enfermement dont il est bien difficile de s’extraire.
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