Vivastreet avait obtenu un non-lieu en septembre 2025, pour les faits de proxénétisme aggravé. Le site était accusé d’héberger des annonces de prostitution. La réouverture de l’instruction est une excellente nouvelle pour le Mouvement du Nid qui avait saisi la Cour d’Appel.
L’ordonnance de non lieu rendue en septembre 2025 nous avait laissé·es sans voix. Le Mouvement du Nid avait déposé plainte fin 2016 (il y a près de 10 ans !) contre Vivastreet, son site abritant des milliers de petites annonces dont il ne fallait pas être bien malin pour voir qu’il s’agissait d’annonces de prostitution; le site, avec sa rubrique Erotica, étant alors notoirement proxénète. Notre association avait d’ailleurs fait procéder à un constat d’huissier qui avait confirmé l’évidence, un simple coup de fil permettant d’en avoir le coeur net.
Vivastreet s’était si bien défendu, abrité derrière l’éternel argument du simple hébergeur non responsable des contenus, qu’il avait bénéficié d’un non lieu alors qu’il était visé par une enquête pour « proxénétisme aggravé ». Et surtout, le fait que les dirigeants du site aient apporté leur concours à la police pour signaler des annonces frauduleuses, et donc d’éventuels réseaux, leur avait permis d’être l’objet d’une clémence toute particulière… Preuve, au passage, que personne n’ignorait leur véritable nature.
Vivastreet et des annonces lucratives…
La rubrique Erotica ayant ensuite été fermée en 2018, l’affaire aurait pu en rester là. Or, ce 5 mai 2026, la cour d’appel de Paris a ordonné la reprise des investigations sur le site Vivastreet : un site dont il faut rappeler le faramineux chiffre d’affaires de plus de 33 millions d’euros amassé entre 2013 et 2018 à coup d’annonces facturées à un prix spécial, 79,99 euros par mois et par annonce, soit près de trois fois le montant des annonces pour les offres d’emplois.
Le Mouvement du Nid se félicite évidemment de ce revirement bienvenu et compte sur la reprise des investigations pour mettre à jour un système dont il existe en ligne bien d’autres exemples…
Les avocat·es de l’association ont d’ailleurs réagi à cette nouvelle : « Ce dossier a été délaissé pendant dix ans. Aujourd’hui, nous nous réjouissons de cette décision de la cour d’appel », confient Sophie Obadia et Joachim Bokobsa, avocats du Mouvement du Nid àBFMTV. « La cour d’appel a bien en tête les enjeux liés à la prostitution et à la manne financière qu’elle représente. Nous espérons désormais que le nouveau juge d’instruction reprenne l’affaire en ce sens. »
Affaire à suivre donc…
https://www.bfmtv.com/police-justice/vivastreet-la-justice-relance-les-investigations-pour-proxenetisme-aggrave-sur-l-ancien-site-de-petites-annonces_AN-202605070372.html



