Prévention, EVARS : 9 élèves sur 10 jugent nos interventions « utiles » et sentent « écoutés »

Une évaluation conduite auprès de 1620 collégien·nes et lycéen·nes de Paris et des Hauts-de-Seine au cours de l’année scolaire 2024 – 2025 montrent une véritable mobilisation et une grande satisfaction des élèves :

  • Plus de 87 % jugent les séances utiles, et 95 % déclarent s’être senti·es écouté·es;
  • Les élèves attribuent une note médiane de 8/10 aux séances.

Un autre enseignement de cette étude, la confirmation de la forte exposition aux violences, dès le collège : un tiers des répondant·es déclarent avoir été exposé à la violence au moins une fois (« Avez-vous déjà été victimes ou témoins de situations de violences conjugales, physiques, psychologiques, sexistes ou sexuelles« ). Les filles sont sur-représentées (66%). L’ampleur réelle des violences est probablement plus élevée, y compris chez les garçons qui peuvent davantage avoir tendance à banaliser ou minimiser certaines formes de violences vécues.

L’étude montre par ailleurs une association positive entre l’expérience de violences et la bonne réception des interventions (c’est-à-dire que es élèves ayant déclaré avoir été victimes ou témoins de violences tendent à attribuer des notes plus élevées aux interventions reçues). Ces jeunes sont aussi celles et ceux qui sont les plus nombreux à citer le thème des violences comme le thème le plus apprécié de l’intervention.

Ces résultats suggèrent que ces contenus résonnent avec leur expérience personnelle, apportant une forme de reconnaissance de leur vécu. Loin d’être perçues comme intrusives
ou déstabilisantes, ces séances jouent un rôle d’amorce dans la reconstruction symbolique
des élèves, en leur offrant un cadre où les violences peuvent être évoquées sans jugement.

Les thèmes les plus ou les moins appréciés forment un révélateur des rapports de genre. L’égalité entre les femmes et les hommes arrive très largement en tête des sujets préférés, chez les filles comme les garçons, signe que cette thématique consti-
tue encore aujourd’hui une préoccupation majeure des jeunes. Lors des interventions, ce thème suscite en effet un engagement et une participation plus dynamique, une adhésion qui témoigne d’une intériorisation progressive des normes égalitaires chez les
jeunes générations – les équipes notent toutefois, en parallèle, un essor des discours masculinistes chez les garçons.

Le thème des LGBTphobies a été le thème le moins apprécié de 22% des garçons, qui sont trois fois plus nombreux que les filles à citer ce sujet comme celui qui leur a le moins plu. Lors des séances d’EVARS, les discours à caractères LGBTphobes semblent souvent remplir une fonction de préservation identitaire, évoquant une construction de la masculinité basé sur la prise de distance vis-à-vis de tout ce qui est associé au féminin et un rejet de l’homosexualité. Les intervenantes recadrent immédiatement tout propos discriminatoire et orientent l’échange vers une réflexion sur la virilité et la sexualité.

Au-delà des préférences thématiques et des résistances genrées, les réponses des élèves tra duisent une adhésion globale aux interventions dispensées par le Mouvement du Nid. En effet, 93% des élèves estiment qu’il est important d’aborder les questions soulevées par l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (96% des filles et 89% des garçons), et plus de 87% considèrent que l’intervention a été utile (93% des filles et 80% des garçons). Ces résultats confirment la pertinence du cadre EVARS, et témoignent d’un consensus large relatif à la légitimité de ces espaces de discussion, y compris lorsqu’y sont abordés les enjeux sensibles de violences et de sexualité.

L’analyse a été réalisée par Mathilde LUBOUE, étudiante en Master 2 de Sociologie d’Enquête à l’université Paris Cité et intervenante externe au sein du Mouvement du Nid. Elle est disponible sur demande (cochez « Autres situations » dans le formulaire).