De l’attachement aux traditions
Dans la prostitution, deux mondes s'opposeraient : les "traditionnelles", françaises que leur ancienneté sur nos trottoirs a fondues dans le paysage, et les "victimes de la traite", ces nouvelles arrivantes des pays de l'Est ou d'Afrique forcément esclavagisées par les réseaux.
Deux cents éluEs en colère
TRIBUNE - Dans un appel publié dans le Journal du Dimanche le 12 octobre 2014, Anne Hidalgo, Johanna Rolland, Roland Ries, Jean Rottner, Serge Grouard et 200 autres maires et conseillers municipaux de tous bords demandent une adoption rapide de la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel.
La demande des « clients » en question à l’ONU
Le recours aux personnes prostituées n’est pas un droit fondamental des hommes.En février 2006, Sigma Huda, rapporteuse spéciale sur les droits fondamentaux des victimes de la traite des êtres humains, en particulier les femmes et les enfants, a publié son premier rapport[[Intégration des droits fondamentaux des femmes et de l'approche sexospécifique, Sigma Huda / Conseil économique et social des Nations Unies, février 2006. À télécharger sur cette page.">ce qui] témoigne d’une interprétation profondément erronée de la pratique actuelle de la prostitution dans le monde. Abordant la dimension de la demande des "consommateurs de services sexuels", Sigma Huda rappelle la nécessité pour les Etats de prendre des mesures dissuasives en référence à l’article 9 du Protocole :
Les Etats Parties adoptent ou renforcent des mesures législatives ou autres, telles que des mesures d’ordre éducatif, social ou culturel, notamment par le biais d’une coopération bilatérale et multilatérale, pour décourager la demande qui favorise toutes les formes d’exploitation des personnes, en particulier des femmes et des enfants, aboutissant à la traite.Pour la rapporteuse,
en s’engageant dans un rapport sexuel rémunéré, le consommateur de services sexuels inflige à la victime de la traite un grave dommage supplémentaire qui équivaut à un viol, en sus et au-delà des moyens préjudiciables employés par d’autres pour la faire entrer ou la maintenir dans la prostitution.(…) Il existe de sérieuses raisons de penser que de nombreux consommateurs de services sexuels savent que les femmes et les enfants avec lesquels ils ont des rapports sexuels sont soumis à des moyens illicites énoncés dans le Protocole, et que des normes culturelles très répandues encouragent le recours à des personnes prostituées malgré cette connaissance.Sans illusion, elle ajoute que
même les mieux intentionnés des consommateurs de services sexuels seront probablement incapables de faire la différence entre les femmes qui ont été victimes des moyens illicites énoncés dans le Protocole et les autres, si tant est que celles-ci existent.En considérant le
caractère sexospécifique de la demande, Sigma Huda relève un acte dans lequel
les acteurs se conforment à des rôles sociaux qui prescrivent certaines manières masculines de se comporter, de penser, de savoir et de posséder un pouvoir social.Elle dénonce des hommes qui s’engagent
dans une forme hautement sexualisée de racisme dans laquelle ils se convainquent rationnellement que l’exploitation sexuelle ne porte pas préjudice aux femmes et aux enfants de race, de nationalité ou de groupe ethnique différents.
Réprimé-e-s, les prostitué-e-s sont plus vulnérables
La politique de lutte contre la traite a jusqu’ici été axée sur la prévention et la répression du comportement des trafiquants ou sur la réduction de l’offre des victimes par l’intermédiaire de campagnes d’information ou autres. La Rapporteuse juge ces mesuresimportantes et nécessairesmais estime qu’elles
doivent s’accompagner de projets ciblés visant expressément à décourager la demande. Elle accompagne ses réflexions d’une affirmation de taille dans un texte de l’ONU :
le recours à des personnes prostituées n’est pas un droit fondamental des hommes.Faisant état de la loi suédoise qui pénalise les clients, elle la juge
particulièrement appropriée contre la demande, notamment pour sa
fonction normative. C’est une expression concrète et tangible de la conviction qu’en Suède les femmes et les enfants ne sont pas à vendre.Sigma Huda critique les lois internes qui répriment les personnes prostituées et contribue à les rendre plus vulnérables et plus susceptibles de devenir victimes du proxénétisme. Face à l’argument de la clandestinité croissante de la prostitution, toujours opposé à ceux qui souhaitent la pénalisation des clients, la Rapporteuse estime que
la légalisation de la prostitution a pour effet de faire passer des atteintes aux droits de l’homme pour un simple travail légitime, "occultant" ainsi certaines atteintes commises au vu de tous.Pour elle, cette légalisation
crée un climat favorable à la demande et doit donc être déconseillée.Enfin, elle souligne l’avancée importante que représente l’instauration de la compétence extraterritoriale permettant par exemple de poursuivre les adeptes du tourisme sexuel impliquant des enfants. Elle se félicite particulièrement des mesures prises par l’ONU, les Etats-Unis, la Norvège qui ont interdit à leur personnel militaire d’avoir recours aux services de personnes prostituées et termine en citant des campagnes d’information, d’éducation et de sensibilisation visant à décourager la demande (Chicago, sensibilisation du grand public ; Madrid, campagne d’affichage, etc).
Un réflexe, faire des victimes les coupables.
18 mois de prison avec sursis, 24 mois dont 12 avec sursis. Le 1er décembre 2017, le jugement du tribunal correctionnel d'Alès a été prononcé à l'encontre de deux hommes accusés d'avoir été « clients » de deux jeunes filles prostituées de 15 et 16 ans. La défense a bien entendu tenté de faire peser les responsabilités et les fautes sur les victimes.
La Convention du Conseil de l’Europe prise entre deux feux
La Convention du Conseil de l'Europe (COE) sur la lutte contre la traite des êtres humains est entrée en vigueur le 1er février 2008 dans les dix premiers États à l'avoir ratifiée (Aibanie,Autriche, Bulgarie, croatie, Chypre, Danemark, Géorgie, Moldavie, Roumanie et Slovaquie). Elle sera applicable en France le 1er mai 2008.
L’ange de Pigalle
L'ange de Pigalle, le bouleversant témoignage de Linda, 77 ans, qui fait le récit de 50 ans de prostitution, et alerte les jeunes.
Gérard Biard, rédac’ chef de Charlie-Hebdo et porte-parole de « Zéromacho »
C’est une imposture de dire que la prostitution relève de la liberté sexuelle. Si elle venait à disparaître, aucune pratique sexuelle, aussi fantaisiste soit-elle, ne serait empêchée. La sexualité n’y perdrait rien.
Traite, prostitution, inégalité
L’essentiel de son travail ces trente dernières années, nous dit Mackinnon, lui a été enseigné par les personnes prostituées. Ce présent livre, issu d’un discours prononcé une première fois le 5 janvier 2005 en Inde, s'appuie aussi sur une recherche universitaire soutenue. Nous le recommandons chaleureusement tant il offre de multiples pistes de réflexion pour approfondir la thématique de l’abolition.
Procès Bourguet: un vrai déni du crime de prostitution de mineur·es
Le 10 septembre 2008, à Paris, Didier Bourguet, 44 ans, ex-fonctionnaire des Nations unies, comparaissait pour viol sur mineures de 15 ans, atteintes sexuelles, corruption de mineurs de moins de 15 ans, et détention d'images pornographiques de mineurs.
Elles
Dans la pléiade de films récents sur la prostitution, Elles sort du lot. Sa réalisation y est pour beaucoup, frontale, froide sans être clinique. Sa première partie est assez intéressante, la deuxième est plus contestable, retournant à un discours assez convenu, comme pour s’excuser de sa prime audace.








