Tours : prévenir la prostitution des mineures

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Projet de prévention des conduites prostitutionnelles dans les quartiers prioritaires à Tours

Suite à 26 signalements de prostitution de mineures remontés à la préfecture, cette dernière a mandaté la délégation du Mouvement du Nid d’Indre-et-Loire pour monter un projet de prévention des conduites prostitutionnelles auprès de quartiers prioritaires de la ville (QPV). Deux ont été choisis, le Sanitas, au cœur de Tours, et la Rabière au sud. 

Engagé en janvier 2020, le projet a été freiné par le confinement et ses suites. Mais l’investissement réel des acteurs de terrain a permis des avancées. Le dialogue avec la délégation a ainsi permis, avec toutes les garanties de confidentialité, d’éclaircir des situations présumées mais aussi de dissiper la gêne qui entoure toujours le sujet et de faciliter la parole.

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Et, si des accompagnements concrets de jeunes victimes n’ont pas pu être menés pour l’instant, les signalements n’ayant pas eu de suite, des questionnaires ont permis de dresser un premier état des lieux qui confirme l’urgence de s’emparer du sujet. 

Sur le quartier Sanitas, où le projet est plus avancé, une action de rue originale a connu un beau succès en mai 2021. Avec le Centre Social, la délégation a inter- pellé des passant·es dans la rue, aux abords d’un centre commercial, autour de la question « Le corps est-il une marchandise ? ».

Premiers objectifs remplis

La richesse de leurs réflexions a ensuite été déclinée sous forme d’affiches suspendues sur des cordes à linge. Les thèmes en ont été repris au cours d’une soirée-débat le 25 novembre, pour la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. D’autres actions suivront et le quartier de La Rabière ne pourra que bénéficier de l’expérience de Sanitas.

Les premiers objectifs semblent donc remplis : la délégation, mieux identifiée et désormais incluse dans le Projet Social de Territoire (PST), pourra devenir un relais naturel lorsque des situations concernant des mineures seront repérées.

En outre, suite aux formations engagées par la délégation, les acteurs de terrain ont mieux intégré les problématiques liées à la prostitution des mineur·es : indicateurs susceptibles de les aider à repérer les situations, facteurs de vulnérabilité, violences, liens avec la drogue et autres trafics… L’objectif étant que ces personnels de terrain deviennent eux-mêmes des acteurs en capacité de réagir aux situations.

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Retrouvez la campagne du gouvernement contre la prostitution des mineur·es, « je gère »

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Journaliste indépendante, ancienne membre de l’Observatoire de la Parité entre les femmes et les hommes, elle recueille depuis des années des témoignages de personnes prostituées. Elle a publié plusieurs livres, notamment Prostitution, une guerre contre les femmes (Syllepse, 2015) et en collaboration avec le sociologue Saïd Bouamama, Les clients de la prostitution, l’enquête (Presses de la Renaissance, 2006). Autrice de nombreux articles, elle a collaboré au Dictionnaire Critique du Féminisme et au Livre noir de la condition des femmes.