Florence Montreynaud, historienne et écrivaine
[Certains] hommes mettent l’accent sur l’érotisme, sur le désir et le plaisir. Rien dans la prostitution ne correspond à leur sexualité, ni n’éveille leur érotisme. Ils envisagent la sexualité autrement que sous le signe du pouvoir, de l’argent.
Viviane Monnier : « On ne peut pas lutter contre les violences faites aux femmes...
On ne peut pas lutter contre les violences faites aux femmes et mettre à part la prostitution. Elle en est partie intégrante.
Maisons closes, pourquoi nous disons non!
Santé, hygiène, protection contre les violences : de nombreux Français en sont sùrs, avec la réouverture des “maisons”, on tiendrait la solution. Il est frappant de constater que les arguments invoqués pour justifier la réouverture ont tous fait la preuve de leur échec. Passons-les en revue...
Daria Khovanka : le terme « travail du sexe », je le vis comme du négationnisme
Daria Khovanka est survivante de la prostitution. Elle milite notamment au sein du collectif CAPP (collectif abolition porno prostitution). Dans ce cadre, elle est...
« Les femmes migrantes sont les plus vulnérables aux crises »
Entretien avec Noura Raad, co-présidente du Réseau européen des femmes migrantes (ENoMW) et membre du Mouvement du Nid.
La demande des « clients » en question à l’ONU
Le recours aux personnes prostituées n’est pas un droit fondamental des hommes.En février 2006, Sigma Huda, rapporteuse spéciale sur les droits fondamentaux des victimes de la traite des êtres humains, en particulier les femmes et les enfants, a publié son premier rapport[[Intégration des droits fondamentaux des femmes et de l'approche sexospécifique, Sigma Huda / Conseil économique et social des Nations Unies, février 2006. À télécharger sur cette page.">ce qui] témoigne d’une interprétation profondément erronée de la pratique actuelle de la prostitution dans le monde. Abordant la dimension de la demande des "consommateurs de services sexuels", Sigma Huda rappelle la nécessité pour les Etats de prendre des mesures dissuasives en référence à l’article 9 du Protocole :
Les Etats Parties adoptent ou renforcent des mesures législatives ou autres, telles que des mesures d’ordre éducatif, social ou culturel, notamment par le biais d’une coopération bilatérale et multilatérale, pour décourager la demande qui favorise toutes les formes d’exploitation des personnes, en particulier des femmes et des enfants, aboutissant à la traite.Pour la rapporteuse,
en s’engageant dans un rapport sexuel rémunéré, le consommateur de services sexuels inflige à la victime de la traite un grave dommage supplémentaire qui équivaut à un viol, en sus et au-delà des moyens préjudiciables employés par d’autres pour la faire entrer ou la maintenir dans la prostitution.(…) Il existe de sérieuses raisons de penser que de nombreux consommateurs de services sexuels savent que les femmes et les enfants avec lesquels ils ont des rapports sexuels sont soumis à des moyens illicites énoncés dans le Protocole, et que des normes culturelles très répandues encouragent le recours à des personnes prostituées malgré cette connaissance.Sans illusion, elle ajoute que
même les mieux intentionnés des consommateurs de services sexuels seront probablement incapables de faire la différence entre les femmes qui ont été victimes des moyens illicites énoncés dans le Protocole et les autres, si tant est que celles-ci existent.En considérant le
caractère sexospécifique de la demande, Sigma Huda relève un acte dans lequel
les acteurs se conforment à des rôles sociaux qui prescrivent certaines manières masculines de se comporter, de penser, de savoir et de posséder un pouvoir social.Elle dénonce des hommes qui s’engagent
dans une forme hautement sexualisée de racisme dans laquelle ils se convainquent rationnellement que l’exploitation sexuelle ne porte pas préjudice aux femmes et aux enfants de race, de nationalité ou de groupe ethnique différents.
Réprimé-e-s, les prostitué-e-s sont plus vulnérables
La politique de lutte contre la traite a jusqu’ici été axée sur la prévention et la répression du comportement des trafiquants ou sur la réduction de l’offre des victimes par l’intermédiaire de campagnes d’information ou autres. La Rapporteuse juge ces mesuresimportantes et nécessairesmais estime qu’elles
doivent s’accompagner de projets ciblés visant expressément à décourager la demande. Elle accompagne ses réflexions d’une affirmation de taille dans un texte de l’ONU :
le recours à des personnes prostituées n’est pas un droit fondamental des hommes.Faisant état de la loi suédoise qui pénalise les clients, elle la juge
particulièrement appropriée contre la demande, notamment pour sa
fonction normative. C’est une expression concrète et tangible de la conviction qu’en Suède les femmes et les enfants ne sont pas à vendre.Sigma Huda critique les lois internes qui répriment les personnes prostituées et contribue à les rendre plus vulnérables et plus susceptibles de devenir victimes du proxénétisme. Face à l’argument de la clandestinité croissante de la prostitution, toujours opposé à ceux qui souhaitent la pénalisation des clients, la Rapporteuse estime que
la légalisation de la prostitution a pour effet de faire passer des atteintes aux droits de l’homme pour un simple travail légitime, "occultant" ainsi certaines atteintes commises au vu de tous.Pour elle, cette légalisation
crée un climat favorable à la demande et doit donc être déconseillée.Enfin, elle souligne l’avancée importante que représente l’instauration de la compétence extraterritoriale permettant par exemple de poursuivre les adeptes du tourisme sexuel impliquant des enfants. Elle se félicite particulièrement des mesures prises par l’ONU, les Etats-Unis, la Norvège qui ont interdit à leur personnel militaire d’avoir recours aux services de personnes prostituées et termine en citant des campagnes d’information, d’éducation et de sensibilisation visant à décourager la demande (Chicago, sensibilisation du grand public ; Madrid, campagne d’affichage, etc).
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À l’occasion des 5 ans de la loi du 13 avril 2016, Elisabeth Moreno, ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes,...
Rachel Moran : « l’expression ‘travailleuse du sexe’ est une arme rhétorique pour normaliser la...
Dans "L'Enfer des passes, mon expérience de la prostitution" , Rachel Moran déconstruit le mythe de l’existence d’un travail sexuel dans une démonstration magistrale de ce que la prostitution n’est « ni un travail, ni du sexe ».
Lettre ouverte à mes prostitueurs
Cher acheteur de sexe... vous m’avez dit ce que vous aviez besoin d’entendre, pour préserver votre illusion, pour ne pas songer à la façon dont j’avais abouti là, à vingt ans.. Tanja Rahm, écrivaine, psychothérapeute et survivante de la prostitution, s'adresse d'une plume acerbe aux "clients" prostitueurs, les confronte à leur tartufferie.
Claudine Blasco, ATTAC
La marchandisation des corps,
c'est de l'esclavage,
c'est indigne...
c'est de l'esclavage,
c'est indigne...







