Tribunes et interviews

Contributions d’expert·es, de militant·es associatifs, de survivantes de la prostitution pour nourrir la réflexion et les débats sur le système prostitutionnel,  l’ensemble des violences contre les femmes et l’égalité femmes hommes.

ATTAC : La prostitution, point ultime de la marchandisation généralisée

Jacqueline Pénit-Soria et Claudine Blasco, animatrices de la commission "Genre" d’Attac France, groupe altermondialiste et féministe, voient la prostitution comme un enjeu fondamental et son abolition comme la seule issue possible. Comme l’abolition de l’esclavage était une lutte pour les droits humains et non uniquement pour les droits des Noirs, l’abolition de la prostitution est une lutte pour la dignité humaine et non uniquement pour la dignité des femmes. Le débat reste toutefois houleux à l’intérieur d’Attac.

Pornographie féministe, éthique, amateure ? Désintox

Dans notre dernier numéro, nous consacrons notre dossier à  "la pornographie, de l'exploitation sexuelle filmée". Ici, nous nous sommes intéressé.e.s à  la défense de l'exploitation sexuelle filmée, qui pourrait être acceptable si féministe, ou gratuite...Décryptage

Ozon et les « fantasmes de prostitution » : ca ne passe plus !

C’est peut-être à des "buzz" dans le genre de celui qu’a provoqué le cinéaste François Ozon que l’on mesure le chemin parcouru. Beaucoup de femmes fantasment de se prostituer a tranquillement déclaré au magazine américain Hollywood Reporter[Une interview de Rhonda Richford, [Hollywood Reporter du 20 mai 2013.]], le réalisateur du film Jeune et jolie, présenté à Cannes. Et pour que l’on comprenne bien : être payé pour une relation sexuelle est quelque chose de patent dans la sexualité féminine.
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La demande des « clients » en question à l’ONU

Le recours aux personnes prostituées n’est pas un droit fondamental des hommes. En février 2006, Sigma Huda, rapporteuse spéciale sur les droits fondamentaux des victimes de la traite des êtres humains, en particulier les femmes et les enfants, a publié son premier rapport[[Intégration des droits fondamentaux des femmes et de l'approche sexospécifique, Sigma Huda / Conseil économique et social des Nations Unies, février 2006. À télécharger sur cette page.">ce qui] témoigne d’une interprétation profondément erronée de la pratique actuelle de la prostitution dans le monde. Abordant la dimension de la demande des "consommateurs de services sexuels", Sigma Huda rappelle la nécessité pour les Etats de prendre des mesures dissuasives en référence à l’article 9 du Protocole :
Les Etats Parties adoptent ou renforcent des mesures législatives ou autres, telles que des mesures d’ordre éducatif, social ou culturel, notamment par le biais d’une coopération bilatérale et multilatérale, pour décourager la demande qui favorise toutes les formes d’exploitation des personnes, en particulier des femmes et des enfants, aboutissant à la traite.
Pour la rapporteuse,
en s’engageant dans un rapport sexuel rémunéré, le consommateur de services sexuels inflige à la victime de la traite un grave dommage supplémentaire qui équivaut à un viol, en sus et au-delà des moyens préjudiciables employés par d’autres pour la faire entrer ou la maintenir dans la prostitution.(…) Il existe de sérieuses raisons de penser que de nombreux consommateurs de services sexuels savent que les femmes et les enfants avec lesquels ils ont des rapports sexuels sont soumis à des moyens illicites énoncés dans le Protocole, et que des normes culturelles très répandues encouragent le recours à des personnes prostituées malgré cette connaissance.
Sans illusion, elle ajoute que
même les mieux intentionnés des consommateurs de services sexuels seront probablement incapables de faire la différence entre les femmes qui ont été victimes des moyens illicites énoncés dans le Protocole et les autres, si tant est que celles-ci existent.
En considérant le caractère sexospécifique de la demande, Sigma Huda relève un acte dans lequel les acteurs se conforment à des rôles sociaux qui prescrivent certaines manières masculines de se comporter, de penser, de savoir et de posséder un pouvoir social. Elle dénonce des hommes qui s’engagent
dans une forme hautement sexualisée de racisme dans laquelle ils se convainquent rationnellement que l’exploitation sexuelle ne porte pas préjudice aux femmes et aux enfants de race, de nationalité ou de groupe ethnique différents.

Réprimé-e-s, les prostitué-e-s sont plus vulnérables

La politique de lutte contre la traite a jusqu’ici été axée sur la prévention et la répression du comportement des trafiquants ou sur la réduction de l’offre des victimes par l’intermédiaire de campagnes d’information ou autres. La Rapporteuse juge ces mesures importantes et nécessaires mais estime qu’elles doivent s’accompagner de projets ciblés visant expressément à décourager la demande. Elle accompagne ses réflexions d’une affirmation de taille dans un texte de l’ONU : le recours à des personnes prostituées n’est pas un droit fondamental des hommes. Faisant état de la loi suédoise qui pénalise les clients, elle la juge particulièrement appropriée contre la demande, notamment pour sa fonction normative. C’est une expression concrète et tangible de la conviction qu’en Suède les femmes et les enfants ne sont pas à vendre. Sigma Huda critique les lois internes qui répriment les personnes prostituées et contribue à les rendre plus vulnérables et plus susceptibles de devenir victimes du proxénétisme. Face à l’argument de la clandestinité croissante de la prostitution, toujours opposé à ceux qui souhaitent la pénalisation des clients, la Rapporteuse estime que la légalisation de la prostitution a pour effet de faire passer des atteintes aux droits de l’homme pour un simple travail légitime, "occultant" ainsi certaines atteintes commises au vu de tous. Pour elle, cette légalisation crée un climat favorable à la demande et doit donc être déconseillée. Enfin, elle souligne l’avancée importante que représente l’instauration de la compétence extraterritoriale permettant par exemple de poursuivre les adeptes du tourisme sexuel impliquant des enfants. Elle se félicite particulièrement des mesures prises par l’ONU, les Etats-Unis, la Norvège qui ont interdit à leur personnel militaire d’avoir recours aux services de personnes prostituées et termine en citant des campagnes d’information, d’éducation et de sensibilisation visant à décourager la demande (Chicago, sensibilisation du grand public ; Madrid, campagne d’affichage, etc).
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Kajsa Ekis Ekman, journaliste

L’idéologie du travail du sexe opère une fusion entre la gauche post-moderne et la droite néolibérale. Le vocabulaire est de gauche mais le contenu idéologique est néolibéral et conservateur.
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« A Mazan, on est dans la culture du viol à tous les niveaux »

Procès de Mazan. Militante féministe, Blandine Deverlanges assiste « horrifiée » au procès de Mazan. Elle dit son dégoût, la nausée qu’elle éprouve: «...
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Ingeborg Kraus : « La libéralisation de la prostitution a cassé toute une génération d’hommes »

Ingeborg Kraus, sur son blog « Trauma und Prostitution », révèle ce que sa situation de psychothérapeute lui a appris sur les « clients...

La prostitution, un métier comme quel autre ?

Un métier comme quel autre ? Point sur les i Année après année, la Belgique peaufine son projet en faveur de l’organisation du fameux « métier...
Christine Blec et Sebastien Schmitt

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A l'occasion de la sortie du documentaire "Comme si j'étais morte", nous publions une interview de deux des protagonistes, professionnel·les du secteur de l'enfance....

Depuis 2010, on peut parler d’un proxénétisme 2.0

Simon Benard-Courbon, substitut du procureur de la République au Tribunal de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, est depuis janvier 2019 co-référent proxénétisme au parquet des mineurs....
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