Marion : J’ai le sentiment qu’on me demande d’y retourner.

Marion ne prononce jamais le mot de "prostitution", jamais le nom du lieu où elle a été prostituée, un bois en bord de route. Elle décrit les enfermements successifs : l’isolement, le silence, les violences. L’obligation de se battre, jusqu’à l’épuisement. Pendant, et pire encore, après. Parce que tout - et tous - se liguent pour entraver son espoir d'envisager un projet professionnel et une autre vie.

Laurence Noëlle, survivante de la prostitution

[Clients], c'est vous qui pouvez changer les choses.

Maïté Lønne : « Les femmes et les enfants ne sont pas des articles que...

Ce témoignage est le texte de l’intervention de Maïté Lønne, survivante de l’exploitation sexuelle, lors de l’événement organisé le 23 novembre 2018 à Paris...

Paula : « Dire non, c’est quelque chose qu’il faudrait apprendre très tôt. »

Paula a aujourd’hui une vie sereine, mais se dit marquée. Élevée par des parents qu’elle décrit comme handicapés de l’amour, elle passe très jeune...

Caroline : Ils utilisent les techniques des gourous : c’est comme une secte

En 2008, la délégation du Mouvement du Nid du Gard a accompagné une jeune femme prostituée dans un réseau sado-masochiste. Ce soutien a été déterminant puisqu’il lui a donné le courage de porter plainte contre son proxénète. Un procès a eu lieu en octobre 2011, qui a mis en lumière les pratiques terrifiantes du milieu du « BDSM »[[Bondage, Discipline, Domination, Soumission, Sado-masochisme.]]. Caroline [[Prénom d'emprunt.]], l’une des victimes, nous a raconté son histoire.

Paolo : De l’argent, j’en avais pourtant.

Je ne retournerai dans la prostitution que dans le pire des cas. Le piège quand on bascule là-dedans, c’est de s’y enfermer ; d’être dépendant de l’argent qui tombe tout de suite.

Esther : « Dans la prostitution, je disais que j’avais le pouvoir »

Esther a 58 ans au moment où elle enregistre avec nous La vie en rouge en mai 2023 Elle a connu la prostitution, y...

Roxane : J’ai tout arrêté. Tout sauf la parole et l’écriture.

J’ai arrêté en août 2019. Ça a duré deux ans. Il fallait que je parle de tout ça. Je crois au témoignage. Dire. Parler. Écrire.

Laurence : une descente aux enfers

Essayez de fermer les yeux, juste un instant, et de vous imaginer avoir une vingtaine de rapports sexuels par jour avec des hommes de toutes catégories socio-professionnelles, des petits, des grands, des gros, des maigres, des agressifs, des pervers, des fous, des paumés, des sado-masochistes avec des fantasmes violents. Essayez d'imaginer l'odeur de leur transpiration et de leur sexe, si nauséabonde que rien qu'à l'écrire, j'ai envie de vomir.

Carole : Toutes les violences subies polluent ma vie.

Après avoir passé trois ans dans la prostitution et les bars à champagne de Belgique, Carole est hantée par ce qu’elle a vécu. Loin des images branchées et libertaires des médias, elle décrit un système fondé sur la violence, le racket, le racisme, la dépossession de soi. Son sentiment ? Celui d’avoir passé ces années enfermée dans une cave.
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