Rachel Silvera : « dans la prostitution, c’est l’intégralité de la personne qui est atteinte »
Rachel Silvera est économiste. Ses recherches portent notamment sur les inégalités de genre sur le marché du travail. Elle tient à rappeler que vendre...
Philippe Caubère, cet amateur de prostitution…
Le comédien Philippe Caubère, accusé de viol, serait également objet d'une enquête pour proxénétisme, selon Mediapart. Son ex-avocate, Marie Dosé, est par ailleurs en...
Marie Cervetti : « 30 % des femmes hébergées en 2019 ont été en prostitution »
Outre les viols et autres violences sexuelles, les jeunes femmes en fugue ou en errance, courent un danger de prostitution. Ce risque demeure hélas...
Florence Montreynaud, historienne et écrivaine
[Certains] hommes mettent l’accent sur l’érotisme, sur le désir et le plaisir. Rien dans la prostitution ne correspond à leur sexualité, ni n’éveille leur érotisme. Ils envisagent la sexualité autrement que sous le signe du pouvoir, de l’argent.
La demande des « clients » en question à l’ONU
Le recours aux personnes prostituées n’est pas un droit fondamental des hommes.En février 2006, Sigma Huda, rapporteuse spéciale sur les droits fondamentaux des victimes de la traite des êtres humains, en particulier les femmes et les enfants, a publié son premier rapport[[Intégration des droits fondamentaux des femmes et de l'approche sexospécifique, Sigma Huda / Conseil économique et social des Nations Unies, février 2006. À télécharger sur cette page.">ce qui] témoigne d’une interprétation profondément erronée de la pratique actuelle de la prostitution dans le monde. Abordant la dimension de la demande des "consommateurs de services sexuels", Sigma Huda rappelle la nécessité pour les Etats de prendre des mesures dissuasives en référence à l’article 9 du Protocole :
Les Etats Parties adoptent ou renforcent des mesures législatives ou autres, telles que des mesures d’ordre éducatif, social ou culturel, notamment par le biais d’une coopération bilatérale et multilatérale, pour décourager la demande qui favorise toutes les formes d’exploitation des personnes, en particulier des femmes et des enfants, aboutissant à la traite.Pour la rapporteuse,
en s’engageant dans un rapport sexuel rémunéré, le consommateur de services sexuels inflige à la victime de la traite un grave dommage supplémentaire qui équivaut à un viol, en sus et au-delà des moyens préjudiciables employés par d’autres pour la faire entrer ou la maintenir dans la prostitution.(…) Il existe de sérieuses raisons de penser que de nombreux consommateurs de services sexuels savent que les femmes et les enfants avec lesquels ils ont des rapports sexuels sont soumis à des moyens illicites énoncés dans le Protocole, et que des normes culturelles très répandues encouragent le recours à des personnes prostituées malgré cette connaissance.Sans illusion, elle ajoute que
même les mieux intentionnés des consommateurs de services sexuels seront probablement incapables de faire la différence entre les femmes qui ont été victimes des moyens illicites énoncés dans le Protocole et les autres, si tant est que celles-ci existent.En considérant le
caractère sexospécifique de la demande, Sigma Huda relève un acte dans lequel
les acteurs se conforment à des rôles sociaux qui prescrivent certaines manières masculines de se comporter, de penser, de savoir et de posséder un pouvoir social.Elle dénonce des hommes qui s’engagent
dans une forme hautement sexualisée de racisme dans laquelle ils se convainquent rationnellement que l’exploitation sexuelle ne porte pas préjudice aux femmes et aux enfants de race, de nationalité ou de groupe ethnique différents.
Réprimé-e-s, les prostitué-e-s sont plus vulnérables
La politique de lutte contre la traite a jusqu’ici été axée sur la prévention et la répression du comportement des trafiquants ou sur la réduction de l’offre des victimes par l’intermédiaire de campagnes d’information ou autres. La Rapporteuse juge ces mesuresimportantes et nécessairesmais estime qu’elles
doivent s’accompagner de projets ciblés visant expressément à décourager la demande. Elle accompagne ses réflexions d’une affirmation de taille dans un texte de l’ONU :
le recours à des personnes prostituées n’est pas un droit fondamental des hommes.Faisant état de la loi suédoise qui pénalise les clients, elle la juge
particulièrement appropriée contre la demande, notamment pour sa
fonction normative. C’est une expression concrète et tangible de la conviction qu’en Suède les femmes et les enfants ne sont pas à vendre.Sigma Huda critique les lois internes qui répriment les personnes prostituées et contribue à les rendre plus vulnérables et plus susceptibles de devenir victimes du proxénétisme. Face à l’argument de la clandestinité croissante de la prostitution, toujours opposé à ceux qui souhaitent la pénalisation des clients, la Rapporteuse estime que
la légalisation de la prostitution a pour effet de faire passer des atteintes aux droits de l’homme pour un simple travail légitime, "occultant" ainsi certaines atteintes commises au vu de tous.Pour elle, cette légalisation
crée un climat favorable à la demande et doit donc être déconseillée.Enfin, elle souligne l’avancée importante que représente l’instauration de la compétence extraterritoriale permettant par exemple de poursuivre les adeptes du tourisme sexuel impliquant des enfants. Elle se félicite particulièrement des mesures prises par l’ONU, les Etats-Unis, la Norvège qui ont interdit à leur personnel militaire d’avoir recours aux services de personnes prostituées et termine en citant des campagnes d’information, d’éducation et de sensibilisation visant à décourager la demande (Chicago, sensibilisation du grand public ; Madrid, campagne d’affichage, etc).
L’autre héritage de 68 : la face cachée de la révolution sexuelle
Enfant en mai 68, adolescente au moment de la loi Veil, historienne, féministe, abolitionniste, Malka Marcovich saisit 68 à rebrousse poil. Alors que tout un chacun s'accorde à vanter la libération de la sexualité que cette « révolution » aurait permise, elle jette un pavé dans la mare.
A part le « o », quel rapport entre porno et écolo ?
Dans le monde du porno (prostitution filmée), une seule règle : gonfler encore et encore des profits dont on ne peut déjà plus compter les zéros. Pour y arriver, tous les moyens sont bons. Le site Pornhub vient par exemple d'avoir une idée pour se refaire une vertu et appâter de nouveaux gogos. Comment ? En se prenant subitement de passion! pour l'écologie.
Les proxénètes et les « clients » tuent
Les personnes prostituées continuent de payer un tribut considérable à la violence patriarcale. Car leurs exploiteurs peuvent tuer : « clients » sùrs de leur droit de propriété, proxénètes prêts à tout pour conserver leurs esclaves sexuelles.
ATTAC : La prostitution, point ultime de la marchandisation généralisée
Jacqueline Pénit-Soria et Claudine Blasco, animatrices de la commission "Genre" d’Attac France, groupe altermondialiste et féministe, voient la prostitution comme un enjeu fondamental et son abolition comme la seule issue possible.
Comme l’abolition de l’esclavage était une lutte pour les droits humains et non uniquement pour les droits des Noirs, l’abolition de la prostitution est une lutte pour la dignité humaine et non uniquement pour la dignité des femmes.Le débat reste toutefois houleux à l’intérieur d’Attac.
Pendant ce temps, on assassine!
C’est un nombre record d’agressions – et même un meurtre – que la délégation de Paris du Mouvement du Nid a relevés en l’espace de quelques jours (fin 2014) à la Porte de Vincennes où elle se rend à la rencontre des personnes prostituées. Elle lance donc l’alarme alors que le Sénat semble tout faire pour enterrer la proposition de loi qui permettrait enfin la mise en place de mesures d’accompagnement et de parcours de sortie pour ces personnes en danger.








